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Règne Animal et Humain

  • Jozef Sivak
Chapter
Part of the Analecta Husserliana book series (ANHU, volume 52)

Résumé

La problématique constitutive de la nature, objet d’une “eidétique matérielle”, c’est la conception husserlienne des êtres à commencer par l’être de la nature et pour finir par l’être dans le monde, en passant par l’être de l’âme. C’est de ce dernier que le règne animal et humain ferait partie. Et comme méthode appropriée, c’est celle de l’analyse noématique en prenant pour “guide” l’âme, cela non pas au sens d’un principe métaphysique car l’âme fait partie de la nature et par là elle est prédonnée.

Nature intersubjective

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Notes

  1. 1.
    Pour avoir davantage de détails sur cette constitution, cf. notre étude “Du moi-pur à la personne: à la lumière de la phénoménologie de l’intersubjectivité”, in Reason, Life,Culture, Part II, 1993, pp. 357–374 (Analecta Husserliana, vol. XL).Google Scholar
  2. 2.
    “Das ist (ein) Faktum der physiologischen Erfahrung als synthetischer Fortführung von Erfahrungen aus der Alltäglichkeit von Anomalitäten darunter denen, die den `Tod’ mit sich führen. Aber jede solche empirische Betrachtung setzt schon die wirkende `Einfühlung’ und Leibaperzeptionen voraus” (Hua XXIX, p. 325).Google Scholar
  3. 3.
    Cf. Hua XIV, p. 70.Google Scholar
  4. 4.
    Hua XXIX, p. 323; trad. par nous.Google Scholar
  5. 5.
    Cf. Suppl. XLII du t. XIV des Hua. Google Scholar
  6. 6.
    Hua XIV, p. 336; trad. par nous.Google Scholar
  7. 7.
    Der Sinn dieser Analogie wird dann selbst ein transzendentales Problem darstellen. Das greift natürlich über in das Reich der transzendentalen Probleme, die schließlich alle Lebewesen umfassen, soweit sie noch so indirekt, eben doch bewährbar, so etwas wie `Leben’, auch Gemeinschaftsleben im geistigen Sinne haben“ (Hua VI, p. 191).Google Scholar
  8. 8.
    “Unter den animalischen Dingen sind angeschaut die Menschen, und so sehr, daß erst von ihnen her die bloßen Tiere als ihre Abwandlungen Seinssinn haben” (Ibid., p. 230).Google Scholar
  9. 9.
    Cf. ibid., pp. 199–200.Google Scholar
  10. 10.
    Il ne faut pas se contenter de la définition de l’Einfühlung en tant qu’expérience indirecte et médiate. L’Einfühlung est d’abord directe, savoir un simple acte de présen-tification et indirecte (réflexive), la deuxième étant fondée sur la première (Cf. Hua XIII, p. 400 et sq.). Autrui n’est pas atteint à ce niveau des data de sensation seulement, mais encore par la volonté qui agit à travers eux. Mais pour qu’il puissse être reconnu “en tant qu’âme”, il faut de plus, l’Einfiihlung (Ibid., p. 460).Google Scholar
  11. 11.
    Cf. Hua XIV, p. 126.Google Scholar
  12. 12.
    Cf. Hua XV, p. 471.Google Scholar
  13. 13.
    Hua XXIX, p. 317.Google Scholar
  14. 14.
    Ibid., p. 319 (“Der Wolf-Sein ist das teleologische Gesetz der Wölfe, und eigentlich ist er ein Wolf-Individuum nur als Wolf unter individuell verschiedenen Wölfen und in dem Geschlechtshorizont…”).Google Scholar
  15. 15.
    Cf. Hua IV, p. 199.Google Scholar
  16. 16.
    Hua XXIX, p. 334; trad. par nous. Husserl ajoute sous forme de note: “Urtümliches Leben kann nicht anfangen und aufhören.” Il discute à cette occasion également l’objection du sommeil qui n’est qu’un événement dans le monde. Mais c’est le passage de la vigilance au sommeil, de la vie à la mort, de l’actualisation à la désactualisation qui fait problème, celui de la constitution de l’ “entre” (-monde, -temps, etc.). Cet “entre” que développera plus tard Merleau-Ponty remplace ici le préfixe et le mode de “quasi”. Appliqué au sommeil accompagné d’un rêve, celui-ci est un mode anormal de la vigilance me transportant dans un “quasi-monde” avec des “quasi-intérêts” (Cf. ibid., pp. 334–336).Google Scholar
  17. 17.
    Die höherstufigen Gattungen sind auf die niederstufigen aufgewiesen, sie gehören teleologisch zusammen. Fleischfressende Tiere, pflanzenfressende etc. Menschen können nicht sein ohne Tiere und Pflanzen, im Pflanzenreich ein Universalität teleologischer Zusammengehörigkeit“ (Ibid., p. 320).Google Scholar
  18. 18.
  19. 19.
    Cf. Hua IV, p. 196.Google Scholar
  20. 20.
    Hua VI, p. 198; cf. aussi par. 44.Google Scholar
  21. 21.
    Ibid., p. 199.Google Scholar
  22. 22.
    “Mich selbst kann ich `direkt’ erfahren, und nur meine intersubjektive Realitätsform kann ich prinzipiell nicht erfahren, ich bedarf dazu Medien der Einfühlung… meine Erlebnisse sind mir direkt gegeben… die Erlebnisse Anderer sind von mir nur mittelbar — einfühlungsmäßigerfahrbar. Dabei ist eben auch jedes meiner Erlebnisse als Bestandstück der `Welt’ (der objektiven-raum-zeitlichen Realitätssphäre) nicht direkt erfahrbar, die Realitätsform (die der intersubjektiven Objektivität) ist keine immanente Form” (Hua IV, p. 200).Google Scholar
  23. 23.
    Cf. Hua XV, p. 553.Google Scholar
  24. 24.
    P. Ricoeur, À l’école de la phénoménologie, p. 114.Google Scholar
  25. 25.
    Si la constitution est finalement une “constitution-avec”, le corps organique s’autoconstitue, cela à travers trois systèmes constitutifs: 1. l’ego avec ses sensations kinesthésiques; 2. les sensations tactiles inter-organiques; 3. les sensations tactiles extra-organiques (relativement aux choses du monde extérieur). En un mot, le corps propre est une intermédiarité de la chose physique ou sensible (Sinnending) et du corps organique sensible (Sinnenleib) ou somatologique.Google Scholar
  26. 26.
    Husserl, op. cit., pp. 38 et 342.Google Scholar
  27. 27.
    Cf. notre étude “Du mondain à l’ontologique dans l’intersubjectivité”, in Analecta Husserliana, vol. XLVIII, pp. 433 et sq.Google Scholar
  28. 28.
    Cf. MS E III 4, p. 1.Google Scholar
  29. 29.
    “Darin liegt das erste Ideal eines befriedigenden Gesamtelebens und eines durch aus befriedigenden, in dem für alle Eventualitäten im voraus gesagt ist, und eines Lebens, in dem in jeder Gegenwart aus Gegenwartssorge und -aktion immerzu die Güter geschaffen werden und bereitgehalten bleiben, die eben für die Zukunft vorsorgen, in eins damit daß die Gegenwart zugleich die in ihr lebendigen primären Bedürfnisse und die jetzt erwächten befriedigt” (Ibid., p. 3).Google Scholar
  30. 30.
    Dans la conception des trois mouvements de Patoéka, le travail primaire fait partie du mouvement vital qui repousse le monde primordial à l’arrière-plan en passant à ce qui est présent, donné, à ce qui sert la vie et renvoie, par delà des objets, aux enchaînements d’indice médiateurs au niveau personnel, intersubjectif, animal, etc. C’est la vie investie dans l’action sur l’extérieur en vue de l’adapter aux besoins humains. La précédente citation de Husserl peut être ici mise en parallèle avec cette constatation de Patoéka: “La vie est plus qu ‘une durée indifférente, mais la nécessité incessante, la référence aux fonctions vitales qui doivent être satisfaites, soit par soi-même, soit par les autres. Cette médiation, investissement systématique et durable de la vie et de ses forces dans l’action sur l’extérieur de manière à l’adapter aux besoins humains… est le travail primaire.” (Patoéka, J., Le monde naturel comme problème philosophique, 2ème éd., pp. 225–26; trad. par nous. Cf. aussi notre étude “La réalisation du projet husserlien de `monde naturel’ selon Jan Patoéka”, in Analecta Husserliana, vol. XIV, p. 218.)Google Scholar
  31. 31.
    Cf. Hua XIII, p. 426.Google Scholar
  32. 32.
    Ibid., p. 428.Google Scholar
  33. 33.
    Husserl ne thématise cependant pas la notion de travail comme le font les marxistes ou les socialistes, par exemple.Google Scholar
  34. 34.
    “was meinen Leib anbelangt, so kann ich ihn zwar auch als physisches Ding aperzepieren, und auch er ist, im entwickelten Ich als das konstituiert, aber für ihn habe ich die somatologische Wahrnehmung als Leib, und diese statt offenbarvoran und ist für, mich als fungierendes Ich das an sich Erste, und das Auffassen, das Wahrnehmen’ meines Leibes als physisches Ding ein Zweites” (Hua XIV, p. 61). Une note qui s’y rapporte: “Die Praxis steht überall voran der Theorie.”Google Scholar
  35. 35.
    “Die einheitliche Organerfahrung hat eine Seite naturalen Erfahrung und eine zweite, `geistige’ Seite, und ich kann die eine aktivieren, also in eigentlicher Wahrnehmung geistigenweise vollziehen und wieder die andere” (Hua XV, p. 319, n. 1).Google Scholar
  36. 36.
    Dans un texte comme La Terre ne se meut pas (Paris, 1969) la praxis elle-même représente un mouvement spécifique. [Cf. “Sol terrestre. Marche, résistance, praxis (heurt, production d’effets à distance)”] (Trad. fr. p. 54.)Google Scholar
  37. 37.
    “Die Menschen sind Körperlich-leiblich bloss Natur im Zusammenhang der Allnatur. Alle leiblichen Veränderungen, alle Gliederveränderungen der menschlichen (und dann auch tierischen) Leiber sind, wenn abstrahiert wird von der in menschlichen Dasein (Dasein des Menschen als Objekts der konkreten Welt) verleiblichten Psyché, von allen `Ich’ und Ichlichen, mechanische, naturale Bewegungen und sonstige darauf fundierte Veränderungen” (Ibid., pp. 321–22, n. 1).Google Scholar
  38. 38.
    Ibid., p. 328.Google Scholar
  39. 39.
    Cf. Ibid., p. 317 et sq.Google Scholar
  40. 40.
    Husserl s’est rendu compte de ce problème ainsi qu’en témoigne ce passage dans la traduction Levinas des Méditations cartésiennes, passage relevé et discuté avant nous par J.-T. Desanti (cf. Phénoménologie et praxis) et P. Ricoeur (cf. “La Cinquième Méditation cartésienne”, in À l’école de la phénoménologie, pp. 197–225): “Avec cette couche (d’appartenance — J. S.) nous avons atteint l’extrême limite où peut nous conduire la réduction phénoménologique. Il faut évidemment posséder l’expérience de cette `sphère d’appartenance’ propre au moi pour pouvoir constituer l’idée de l’expérience d”un autre que moi’; et sans avoir cette dernière idée je ne puis avoir l’expérience d’un `monde objectif’.“ (M.C.,p. 80). I1 faut cependant noter, à cette occasion, que ce passage ne se trouve ni dans l’édition originale des M.C. par S. Strasser, ni dans la nouvelle traduction faite par M. de Launay. Cela devait échapper également à P. Ricoeur qui mentionne même l’original [127, 1.18–23] (À l’école de la phénoménologie, p. 202, n. 6). Si M. de Launay ne devait pas relever et noter cette différence, il se pose au moins la question de la révision et de l’établissement du texte allemand des M.C. Google Scholar
  41. 41.
    P. Ricoeur, op. cit., p. 212. Avant Ricoeur mais dans le même esprit personnaliste M. Nédoncelle professait la réciprocité qu’il plaçait au niveau des consciences pour fonder sa “monadologie”. L’appariement (Paarung) husserlien bien que fondé sur l’expérience et l’imagination doit être complété par la relation directe de deux consciences dans l’amitié ou l’amour. Le “nous” communautaire se constitue à partir de cette relation binaire réciproque qui est à son tour fondée sur Dieu alors que la relation intersubjective chez Husserl demeure latérale, horizontale.Google Scholar
  42. 42.
    “Dans cette intentionnalité toute particulière se constitue un sens ontique (Seinsinn) nouveau qui transgresse l’ipséité propre (Selbsteigenheit) de mon ego monadique, il se constitue alors un ego, non pas comme moi-même, mais comme se réfléchissant (spiegelndes) dans mon ego propre, dans ma monade” (Id., ibid.; M.C., p. 78; trad. légèrement modifiée par Ricoeur).Google Scholar
  43. 43.
    Id.,ibid., p. 213.Google Scholar
  44. 44.
    M.C., p. 102 (par. 55).Google Scholar
  45. 45.
    Ibid.,p. 104 (orig., p. 151).Google Scholar
  46. 46.
  47. 47.
    “Ce que je vois véritablement, ce n’est pas un signe ou un simple analogon, ce n’est pas une image —… — c’est autrui, et ce qu’en est appréhendé dans l’originalité véritable, ce corps — illic — (…) c’est le corps d’autrui lui-même;…” (Ibid.,p. 105).Google Scholar
  48. 48.
    “Après ces éclaircissements il n’est nullement énigmatique que je puisse constituer en moi un autre moi ou pour parler d’une façon plus radicale encore, que je puisse constituer dans ma monade une autre monade et, précisément en qualité d’autre; nous comprenons aussi ce fait, inséparable du premier, que je puis identifier la Nature constituée par moi avec la Nature constituée par autrui (…) (Ibid.,p. 107). P. Ricoeur note à cet endroit que ”l’expérience en commun de la nature est fermement maintenue à l’intérieur du cadre rigoureux d’apprésentation et de l’idéalisme monadique.“Google Scholar
  49. 49.
  50. 50.
    Hua XV, p. 157. (Trad. par nous.)Google Scholar
  51. 51.
    La logique à laquelle renvoie aussi la psychologie interne de la normalité est une “logique transcendantale concrète et apophantique formelle” comprenant toutes les sciences aprioriques et se confondant finalement avec la phénoménologie tout entière.Google Scholar
  52. 5.
    M.C., p. 107.Google Scholar
  53. 53.
    Husserl citera à cette occasion, encore l’exemple de la constitution des objets généraux (nombre, fonction géométrique, etc.) qui sont supratemporels. Leur découverte, “pro-duction” et présentification présupposent de multiples opérations de pensée qu’un autre sujet pourrait faire à ma place. Comme ces objets ne sont pas dans le temps, le sujet connaissant peut arriver dans des synthèses d’identification à l’évidence à n’importe quelle période de sa vie, ce qui vaut pour n’importe quel sujet à un moment donné. La supratemporalité des objets généraux devient ainsi l’omnitemporalité.Google Scholar
  54. 54.
    Ces analyses husserliennes sont devenues l’objet de plus d’un commentaire et de plus d’une polémique. Citons au moins deux de tels commentaires: l’un de P. Ricoeur commentant la Cinquième Méditation cartésienne l’autre de A. Schütz. Ricoeur, par exemple, ne pense pas que la synthèse d’identification entre le propre et l’étranger puisse être de la même espèce que la synthèse d’identification dans le cadre de l’unique flux conscientiel. Selon lui, c’est un point de vue idéaliste qui n’a pas permis à Husserl de mener la question de duplication de la conscience jusqu’à la fin, ce qui vaut également de l’analogie entre le propre et l’étranger. Schütz, qui a entrepris d’appliquer sérieusement la méthode phénoménologique au social, d’une part et de réaliser le programme husserlien de “monde vécu” d’autre part, sera encore plus critique non seulement dans cette question, mais aussi dans d’autres. Lui aussi il sera sceptique au plus haut point, commentant le par. 55 des M.C. en ce qui concerne l’apprésentation du monde primordial d’autrui, le passage de l’apprésentation du moi psychologique étranger à la monade étrangère concrète et à la constitution de la nature objective en ajoutant une couche apprésentative au corps se trouvant dans ma sphère du propre.Google Scholar
  55. 55.
    la saisie du sens est quelque chose qu’on n’opère pas simplement en ouvrant les yeux, mais qui requiert le concours de l’âme tout entière“ (J. Patoéka, Introduction d la phénoménologie de Husserl Millon, 1993, p. 181).Google Scholar
  56. 56.
    Cf. Hua III, par. 39, 53. “La conscience devient”, note J. Patoéka, “à cet endroit, par cette relation, l’âme du sujet psychophysique. Husserl envisage le corps dans deux attitudes fondamentales: l’attitude `naturaliste’, où l’on part du corps en tant qu’objet, et l’attitude `personnaliste’, où l’on part de l’environnement comme corrélat des actions et des motivations personnelles” (ibid. p. 103).Google Scholar
  57. 5.
    P. Ricoeur, op. cit. p. 127.Google Scholar
  58. 58.
    “Nous ne voyons pas alors l’homme comme être de nature, mais de culture, nous ne remarquons pas l’animal quand nous attendons la personne,…”, constate le commentateur des Ideen II (Id. ibid.). Google Scholar
  59. 59.
    Cf. Hua XIII, p. 481. Les deux autres sciences sont: la science physique et la science de l’homme en tant que créateur des valeurs spirituelles.Google Scholar
  60. 60.
    Cf. G. Torris, Penser l’évolution. De la bête d l’homme Ed. Universitaires, 1990, p. 210.Google Scholar

Copyright information

© Springer Science+Business Media Dordrecht 1998

Authors and Affiliations

  • Jozef Sivak
    • 1
  1. 1.Académie Slovaque des SciencesBratislavaSlovakia

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