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Du Mortel A L’impossible éternel: La Transcendance De La Mort

  • Jozef Sivak
Part of the Analecta Husserliana book series (ANHU, volume 67)

Abstract

A côté de la vie se trouve un autre événement mondain, celui de la mort avec son contraire qu’est la naissance. Mis“hors circuit” par l’épochê phénoménologique, ces événements ne se laissent pas réduire d’une manière facile, même si Husserl à l’origine ne range pas cette réduction parmi les“difficiles”. La vie en particulier semble survivre au plan transcendantal. Cette survie est cependant sérieusement ébranlée sinon dementie par l’épisode de la mort.

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Notes

  1. 1.
    Cf. Hua VI, p. 192 (trad. Fr., p. 214).Google Scholar
  2. 2.
    Husserl termine sa conférence sur la“Crise” en ces termes:“… l’esprit seul est immortel” (p. 383) [orig. p. 348]. II aime citer également cette phrase d’Héraclite:“Tu ne trouveras jamais les limites de l’âme, même si tu arpentais toutes les pentes: si profond est son fond” (ibid., p. 193) [orig., p. 173].Google Scholar
  3. 3.
    “Das Leben wird durch den Tod zum Definiendum. Am Ende wird es begriffen.” (A. Metzger, Freiheit und Tod [1955], p. 2.)Google Scholar
  4. 4.
    Et“ce qui donne un sens à la vie donne un sens à la mort” (Saint Exupéry). Mais inversement, la mort donne un sens à la vie. Ce sens n’est plus celui qui est immanent à l’existence et coextensif à la continuation vitale. Ce sens posthume met en question cette continuation en marquant le terme d’une biographie et fait apparaître la contingence et la gratuité aussi bien de la naissance que de l’entre-deux de l’intervalle vital.Google Scholar
  5. 5.
    V. Iankélévitch dans sa La Mort (1966) examine d’autres cas de figure de ce rapport entre la certitude de la mort et la reponse à la question Quand?: Mors ceta, Hora certa sed ignota, Mors certa, Hora certa, Mors incerta, Hora incerta. Ces cas définissent, tour à tour, différents états d’ arne: désespoir, angosse, espérance chimerique.Google Scholar
  6. 6.
    “Savoir l’un et l’autre, et ne pouvoir ni l’un ni l’autre, tel est le sort désespéré … invivable des condamnés à mort. Ne savoir ni l’un ni l’autre, et pourvoir l’un est l’autre; c’est-à-dire pouvoir transcender la mort, … ce serait faire 1’ange”. (V. Jankelevitch, op. cit., p. 155.)Google Scholar
  7. 7.
    Id., ibid., p. 148.Google Scholar
  8. 8.
    Hus XI, pp. 377–378.Google Scholar
  9. 9.
    Ibid., p. 379.Google Scholar
  10. 10.
    Cependant, la constitution, l’auto-contitution d’abord, la constitution du temps immanent ensuite, introduira une dissymétrie entre le passé et l’avenir, cela au profit de ce dernier. Le moi (transcendantal) est aussi éternel dans la direction de l’avenir qui seul rend possible son devenir, sa vie et finalement la vie tout court. Même le“présent vivant” n’est vivant que dans la mesure où il est tourné vers l’avenir:“Im Strömen habe ich kommendes Strömen in dem ‘Ich bin’ habe ich ‘Ich werde sein’ vor mir ich trage auch meine Zukunft in mir als Horizont von Möglichkeiten, in denen ich sein werde”. (Ms C 2 III, apud J. Benoist,“Qu’ est-que l’ego transcendantal”, in Philosophie, 1990/27, p. 88.) En ce sens, on pourrait montrer que la protentionnalité, à la différence de la arétentionnalité, n’est pas un mode d’intentionnalité pur et simple, mais elle rend possible la rétention elle-même. Le moi ne vit pas dans le présent, mais dans le futur, dira Husserl ailleurs. Et c’est encore le futur qui donne même à l’ego sa dimension“transcendan-tale”.Google Scholar
  11. 11.
    Cf. Hua XI, p. 377.Google Scholar
  12. 12.
    Pourtant, Husserl l’admet expressément:“Das Fortleben und das Ich, das fortlebt, ist unsterblich — notabene das reine transzendentale Ich, nicht das empirische Welt-Ich, das sehr wohl sterben kann” (ibid., p. 378).Google Scholar
  13. 13.
    Ibid., pp. 380–381.Google Scholar
  14. 14.
    Idees III, p. 138 (orig. Hua V, p. 116). On peut se demander si le cogito a déjà une durée, si c’est un vécu qui s’écoule dans le temps comme le pensent Husserl et certains interprètes, p. e. Marbach.Google Scholar
  15. 15.
    Ibid. Intemporel, inextensible et indivisible, le moi pur subira néanmoins une modification dans sa“réalisation” dans l’âme. En se demandant ce“qu’est l’ego transcendantal”, J. Benoist (op. cit., pp. 81–82) constate cette nature entièrement ambiguë de l’ego, se référant aux Conférences d’Amsterdam:“… le pôle égologique n’est pas seulement point de rayonnement (Ausstrahlungspunki) de mes actes égologiques mais aussi le foyer (Einstrahlungspunkt) de mes affections. Des deux points de vue le centre egologique phénoménologiquement pur est un vaste thème phénoménologique qui en définitive s’enlace avec tout le reste. C’est une évidence pour moi que toute conscience est conscience do mon moi”. Le dualisme n’est done pas dans deux moi mais dans le point de vue — ce texte est capital en ce sens — l’un formel (que nous privilégions ici), l’autre matériel. Le moi en tant que“pôle de Faffection” ou“articulation de la vie”, loin de témoigner d’une conversion que Husserl ferait subir au concept de l’ego, comme le note Benoist, est tout simplement le moi considéré du point de vue matériel.Google Scholar
  16. 16.
    C’est ce que constate encore E. Marbach en commentant le Texte No. 2 des Hua XIII, pp. 52-53.Google Scholar
  17. 17.
    Par ex. F. Dastur,“Le temps et autre chez Husserl et Heidegger”, in Alter, 1993/1, p. 392.Google Scholar
  18. 18.
    V. Janké1évitch, Philosophie première, p. 51.Google Scholar
  19. 19.
    C’est ce que pense F. Dastur (op. cit., p. 398), s’approchant en cela de Husserl et de Lévinas.Google Scholar
  20. 20.
    La progéniture en tant qu’“oeuvre” dépasse en effet F instant mortel et bouche le néant laissé par la mort de quelqu’un par une autre personne interposée. En ce sens, la génération, ensemble avec l’amour qui la fonde, surmonte la mort.Google Scholar
  21. 21.
    E III 10 p. 17 (apud A. Diemer Edmund Husserl [1956] p. 223)Google Scholar
  22. 22.
    “L’homme ne peut être immortel. L’homme meurt nécessairement. L’homme n’a pas de pré-existence mondaine, dans le monde spatio-temporel il n’était auparavant rien, et il ne sera plus tard rien. Mais la vie transcendantale originelle, la vie en dernier lieu créatrice du monde et de son moi dernier ne peut venir du néant et retourner au néant, elle est’ immortelle’, parce que le fait de mourir n’a ici aucun sens, etc.”. Husserl, Ms K III 6: Die anthropologische Welt, 1936, p. 399; trad. Fr. In Alte, 1993, p. 288; publié pour la première fois en allemand en extrait par Diemer op. cit., p. 230, puis dans Hus XXIX, p. 338.Google Scholar
  23. 23.
    Si la mort est toujours la mort d’un être individuel, une disparition singulière, l’hypothèse de la disparition de tous les hommes, de l’espèce humaine, n’est pas absurde dans la mesure où cette espèce pourrait faire partie d’un genre plus vaste et la terre ne serait pas le seul monde habité dans l’univers. La disparition des espèces comme des individus est un fait attesté par des savants.Google Scholar
  24. 24.
    Cf. Ms C 4, p. 21 (apud Diemer, op. cit., p. 229), V, Jankélévitch montre le double sens d’une telle analogie:“La mort de l’individu est pour l’espèce ce qu’est le sommeil pour l’individu lui-même: le sommeil qui assure l’alternance de l’existence et de l’inexistence, de l’être et du non-etre, aère notre vie en y creusant de nuit en nuit le vide de l’inconscience nocturne: ce plongeon quotidien dans le noir et dans l’absence permet la relance … de Taction” (Jankélévitch, op. cit., p. 392).Google Scholar
  25. 25.
    Cf. Ms C17 V, p. 47 (apud Diemer, op. cit., p. 230).Google Scholar
  26. 26.
    En s’appuyant sur d’autres textes de Husserl on peut penser bien Sor au Créateur qui fait être à partir de rien et s’opppose par là à la négation de la mort par sa positivité totale. Croire en Dieu, c’est — toutes les religions le confirment-une possibilité de compenser le vide mortel et de conjurer l’absurdité de l’obstacle infranchissable de la mort.Google Scholar
  27. 27.
    Cf. Diemeer, op. cit., pp. 253-254.Google Scholar
  28. 28.
    Littéralement:“… la mort consiste à séparer l’ego transcendantal de l’auto-objectivation comme homme” (Husserl, op. cit., p. 282 (orig., p. 332).Google Scholar
  29. 29.
    Jankélévitch, op. cit., p. 392.Google Scholar
  30. 30.
    “… Le je-ne-sais-quoi qui faisait de ce corps une ipséité vivante et consciente et intime à elle-même, le je-ne-sais-quoi, qu’est-il devenu…”? (Id., Philemière, p. 50).Google Scholar
  31. 31.
    Nous suivons là encore l’argumentation convaincante de Jankélévitch:“Ainsi le parallélisme des deux destins risque-t-il d’être une fraternité non pas dans la survie, mais dans l’anéatissement. Lâme sans corps n’a pas perdu seulement son toit et sa demeure, elle a perdu son être” (Jankélévitch, La Mort, p. 401).Google Scholar
  32. 32.
    C’est que, comme le note Jankelevitch à cet endroit, l’“être-avec” suppose encore la possibilité d’un“être-sans”.Google Scholar
  33. 33.
    “Au point de jonction de la tragédie et du destin la métaphysique nous donne la conscience de notre destinée qui est à la fois moins que tragique et bien plus qu’humoresque, qui est done simplement sérieuse” (Jankélévitch, Phil. Première, p. 54).Google Scholar
  34. 34.
    Un métaphysicien conduit par un souci constant de désanthrompomorphiser la théologie, admet que l’âme en tant que partie avec le corps de la personne soit, ne seraitce qu’un instant, mortelle. Si cette affirmation est décevante pour la créature, elle fait d’autant plus honneur au Créateur, à la création. Aussi ressusciter ne veut pas dire restaurer ou retablir un etre d’ailleurs unique, mais re-creer, savoir créer un autre ou même un tout autre.Google Scholar
  35. 35.
    On trouve chez Husserl plusieurs voies vers la réduction parmi lesquelles on cherche vainement celle de la réflexion sur la mort, réflexion avec laquelle la philosopie est d’ailleurs née. En ce qui conceme les contemporains, Husserl ne semble plus en état de les prendre en considération. La conception de Heidegger, par exemple, il la jugera comme une“façon éblouissante et pénétrante de se livrer à un exercice de haute voltige avec la mort … (que) la mort se résoudra difficilement à l’accepter”. Depuis, une littérature abondante consacrée à la mort, due aux philosophes, a pris le relai des théologiens, nos références en témoignent aussi. Le honheur durable voire éternel continue néanmoins d’étre l’objet d’une éducation religieuse professée par des religions les plus abstraites et les plus profondes.“Qui n’accepterait, comme un moment désagréable, la douleur maximale de l’instant mortel, s’il entrevoyait dans cette douleur brévissime et quasi-inexistante le portique d’une éternelle félicité?” (Jankélévitch, La Mort, p. 379).Google Scholar
  36. 36.
    Cf. Husserl, op. cit., p. 279 (orig., p. 329).Google Scholar
  37. 37.
    ”Aussi la morale, dès qu’elle cesse d’être une pure déduction cognitive et synonymique des devoirs ne se dinstingue-t-elle plus de la métaphysique” (Id., Phil. Première, p. 54).Google Scholar
  38. 38.
    “’Si tu as l’amour fou, si tu aimes intensément, si tu aimes absolument, la mort s’éloigne’, dit Ionesco” (apud Jankélévitch, La Mort, p. 430).Google Scholar
  39. 39.
    Dans certaines langues, germaniques notamment, les mots tels que liberié, amitié et amour ont la même racine.Google Scholar
  40. 40.
    C’est la même volonté qui agit dans un Hitler ou dans un héros obéissant l’impératif catégorique.Google Scholar
  41. 41.
    On se souvient encore combien de mal causa la définition hégelienne de la liberte par la nécessité.Google Scholar
  42. 42.
    C’est pourquoi la métaphysique de l’art paraît plus facile que la métaphysique de la mort…“ (Jankélévitch, Phil. Première, p. 57).Google Scholar
  43. 43.
    “La mort, en nous mesurant parcimonieusement les années, empêche l’accomplissement integral de l’ipséité, et l’ipséité inaccomplie reste en dehors et au delà d’une mort toujours prématurée” (Id., La Mort, p. 452).Google Scholar
  44. 44.
    Yahvé ton Dieu est ta vie, ainsi que la longue durée de ton séjour sur la terre …” (Dt 30, 20).“Je suis le pain vivant. Qui mangera ce pain vivra à jamais” (Jn 6, 51).Google Scholar
  45. 45.
    “C’est quand on cesse de croire en Dieu que la mort redevient ce qu’elle est littéralement, obstacle absolu et mur infranchissable: le futur sombre alors dans le néant. … Et inversement c’est quand on recommence à croire en Dieu que la possibilité de tous les possibles fait à nouveau battre le coeur et tient l’homme en suspens: nous ne tomberons pas dans le lac obscur; décidément il y aura quelque chose, quand il pouvait ne rien y avoir …” (Jankélévitch, op. cit., p. 438). Cf. aussi Jn 3, 15 (”… afin que quiconque croit ait pour lui la vie éternelle”).Google Scholar
  46. 46.
    Cf. Jankélévitch, ibid., p. 317.Google Scholar
  47. 47.
    Cf. Id., ibid., p. 351. Ce“mourir de mourir”, s’explique Jankélévitch, n’est pas un pléonasme et une vérité banale dans la mesure où l’acte de mourir inaugure le non-être (mortel) qui anéantit à son tour tout, l’être, la pensée qui le pense….Google Scholar
  48. 48.
    Cf. notre article“Réduction phénomenologique et intuition. A propos du rapport Husserl-Ingarden”, in Analecta Husserliana, 30, 1990, pp. 51–69.Google Scholar
  49. 49.
    Jankélévitch, op. cit., p. 81.Google Scholar
  50. 50.
    Id., ibid., p. 423. L’explication suit:“chez Descartes tout est perdu, sauf l’indubitable pensée; et maintenant au contraire tout est, pour la surconscience, sauvé du naufrage, tout sauf précisément l’essentiel …”.Google Scholar
  51. 51.
    “La vie de quelqu’un pouvail ne pas commencer; mais du moment qu’elle a commencé elle doit continuer et ne jamais cesser; il n’y avait qu’à ne pas nous la donner; le vivant ayant reçu l’être, veut retenir et garder ce qui lui a été une fois donné; … il ne se sent nullement obligé de le rendre; l’être n’est un don gratuit que dans les métaphores des poètes et des mètaphysiciens; pour tout homme de bonne foi, vivre est au contraire un droit inaliénable, et la seule idée de le contester nous semble scandaleuse” (Id., ibid., p. 407).Google Scholar
  52. 52.
    Id., ibid., p. 409.Google Scholar
  53. 53.
    “L’homme transcende la mort, et en même temps il reste intérieur à cette mort; il est à la fois dehors et dedans: done il est dedans; dedans avant tout!” (Id., ibid., p. 418).Google Scholar
  54. 54.
    Id., ibid., p. 421.Google Scholar
  55. 55.
    Id., ibid., p. 425. Outre le mystere de la pensêe concevante, Jankélévitch montre encore que grâce à leur nature mystérieuse don’t il était question plus haut, l’amour, la liberté et Dieu se présentent comme des alternatives de la mort.Google Scholar
  56. 56.
    “L’ambiguïté infinie exclurait, note Jankélévitch, … tout système de référence: la nihilisation que l’on constate mais qui est absurde, et l’immortalité, que la raison exigerait, mais qui est chimérique, l’une impénétrable et l’autre indémontrable …” Id., ibid., p. 440).Google Scholar
  57. 57.
    Id., ibid.Google Scholar
  58. 58.
    “Celui qui vit dans un éternel présent … ne se fatigue jamais, transcende l’usure et l’effort et le travail, connait la grâce de la création et du déplacement instantané” (Id., ibid., p. 439).Google Scholar
  59. 59.
    “Quelle alternative maudite nous donne à choisir entre l’éternité dans l’inexistence et l’existence dans la finitude?” (Id., ibid., p. 441).Google Scholar
  60. 60.
    Id., ibid., p. 442.Google Scholar
  61. 61.
    Id., ibid., pp. 446-447.Google Scholar
  62. 62.
    “Le devenir, qui va toujours de l’avant, compense les morts par remplacement: mais il ne remplacera pas ces’ absolus’ dont chacun respectivement est fin en soi, fin du devenir, but et terminaison de l’histoire, aboutissement de toute l’évolution humaine!” (Id., ibid., p. 447).Google Scholar
  63. 63.
    Id., ibid., p. 448.Google Scholar
  64. 64.
    Il y aurait un vieillissement qualitatif, voire“métaphysique” (Scheler) qui ne recouvre pas le vieillissement chronologique, quantitatif.Google Scholar
  65. 65.
    “Le non-être préside à l’instauration ou à la fondation de l’être! Telle est l’alternative fondamentale, dans laquelle toutes les autres sont contenues: le vivant n’est vivant qu’ à d’être mortel; et il est bien vrai que ce qui ne vit pas ne meurt pas: mais c’est parce que ce qui ne meurt pas ne vit pas” (Id., ibid., p. 449).Google Scholar
  66. 66.
    “Tu ne peux pas voir ma face car l’homme ne peut me voir et vivre” (Ex 33, 20).Google Scholar
  67. 67.
    Id., ibid., p. 449. V. Jankélévitch continue:“Aussi nous faut-il choisir entre la plénitude dans la finitude ou l’éternité dans l’inexistence. La mort vitale est ce qui rend passionnante la vie mortelle”.Google Scholar
  68. 68.
    Id., ibid., p. 452.Google Scholar
  69. 69.
    Id., ibid., p. 453.Google Scholar
  70. 70.
    Cette évolution de la notion de réduction depuis l’épochê privative à la neutralisation peut être observée déjà chez Husserl.Google Scholar
  71. 71.
    “La mort remplace la métaphysique pour ceux qui ne sont pas métaphysiciens” Id., ibid., p. 455).Google Scholar
  72. 72.
    Id., ibid., p. 456Google Scholar
  73. 73.
    Id, ibid., p. 458.Google Scholar
  74. 74.
    Il en va de même sur le plan moral que Jankélévitch met systématiquement en parallèle avec cette méditation de la mort” tandis que la chose faite au niveau moral peut être défaite par le pardon ou le repentir, mais pas le fait d’avoir commis un péché:“le fait d’avoir fait est indéfaisable”.Google Scholar
  75. 75.
    Cf. Id., ibid., pp. 458, 459 (”& la vie eternelle, c’est-à-dire le fait indélvbile d’avoir été, est un cadeau que la mort fait à la personne vivante. Le fait de l’avoir-été est donc, à la lettre, un instant éternel, et l’on devine pourquoi éternité et instant cessent ici de se contredire: la naissance et la mort circonscrivent sur fond d’éternite, découpent dans l’infini l’insularité biographique d’une existence”).Google Scholar
  76. 76.
    “Oubliée de tous, perdue dans le lointain du passé, la vie de n’importe qui a été pour toujours … l’unique chance de réalisation de ce n’importe que … cette existence presque inexistente est plutôt’ quasi-nihil’ que’ nihil’, est plutôt moindre-etre que non-être. Or il y a entre rien et presque-rien une distance infinie … Ce’ presque’ n’annonce-t-il pas le tout autre ordre?” (Id., ibid., p. 459). La philosophic du comme si n’est donc pas uniquement celle de l’imaginaire.Google Scholar
  77. 77.
    “Par la mort chaque être est ici-bas un être surnaturel … Et cet être surnaturel par sa dignité et sa conscience, par unicité et l’ irreversibilité poignante de sa vie personnelle, serait infini en tout, sauf en durée? Non, la finitude est infiniment précieuse!” (Id., ibid, p. 463.)Google Scholar
  78. 78.
    Id., ibid., p. 464. Les deux autres lectures sont, selon Jankélévitch: celle de la Bible représentée par l’Ecclésiaste (”Vanité des vanités”) et celle de l’empirisme avec sa finalité immanente à la vie.Google Scholar
  79. 79.
    “Le mort ne peut plus revenir à la vie, mais celui qui a vécu ne retombera plus jamais dans le néant prvnatal: irréversible, qui empêche sa résurrection, empêche sa nihilisation” (Id., ibid., p. 465).Google Scholar
  80. 80.
    “La docte ignorance reçoit ici un sens profond. Je sais déjà encore que je ne sache rien … avant de savoir quoi, avant de savoir quelle chose, nous savons, … que ce serait une chose simple … si simple que nous nous demanderons, le jour où nous saurons, comment nous n’y avons pensé plus tôt” (Id., ibid., p. 467).Google Scholar

Copyright information

© Springer Science+Business Media New York 2000

Authors and Affiliations

  • Jozef Sivak
    • 1
  1. 1.Académie Slovaque des SciencesBelgium

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