Advertisement

Résumé

Formulé encore à la fin de la période classique française, le double principe de la vérité morale et de l’utilité morale de l’art appartient en fait à toutes les doctrines littéraires issues de l’Antiquité. L’oeuvre dévoile la personnalité. On comprend bien que l’oeuvre épistolaire se reconnaisse une fonction dévoilante privilégiée: la personnalité de l’auteur ne saurait guère s’y dissimuler derrière une création imaginaire. «Ce caractere de pureté, d’eloquence, de bonnes moeurs dont [vos lettres] brillent partout […]», écrit Chapelain 2. Rapprochement significatif: les bonnes moeurs constituent une qualité du style épistolaire au même titre que l’éloquence. Elles ont leur place à l’intérieur des cadres de la rhétorique. Quintilien reprend à Caton l’Ancien la définition de l’orateur: vir bonus dicendi peritus 3. Chapelain s’inscrit dans la même lignée lorsque, traçant son autoportrait au début de sa correspondance avec Heinsius, il déclare préférer parmi les Muses celles «quae animum non doctiorem sed meliorem faciunt» 4. L’art et l’éthique étant de la sorte intimement liés, il est nécessaire de faire entrer dans une étude de l’art épistolaire de Chapelain quelques remarques sur la doctrine morale et sur le caractère de l’écrivain, dans la mesure du moins où ils constituent l’un des sujets de sa correspondance.

Preview

Unable to display preview. Download preview PDF.

Unable to display preview. Download preview PDF.

Copyright information

© Martinus Nijhoff — La Haye 1966

Authors and Affiliations

  • Bernard Bray

There are no affiliations available

Personalised recommendations