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Résumé

«Au XVIle siècle, la lettre est un genre littéraire au même titre que l’épître en vers ou le madrigal», affirme un excellent historien de la littérature française classique 1. Le genre épistolaire existe-t-il donc? La question est controversée. Depuis que les hommes connaissent l’écriture, ils ont eu besoin, sous quelque forme que ce soit, de se communiquer à distance des informations. Mais qui dit échanges épistolaires ne dit pas genre littéraire, et Lanson pouvait affirmer jadis, dans une étude qui reste aujourd’hui encore la plus attentive qui ait été consacrée à cette question 2, qu’«il n’y a pas de genre épistolaire: du moins dans le sens littéraire du mot genre» 3. Comparant la lettre avec la conversation privée, qui ne s’identifie nullement avec le genre oratoire, il ajoutait: «La forme épistolaire, dans les véritables lettres, n’est pas une forme esthétique, choisie à dessein pour éveiller un certain ordre de sentiments ou exprimer une certaine sorte de beauté: ce n’est pas une intention d’art, l’idée préconçue d’un effet à produire, qui la fait préférer, c’est la nécessité matérielle et brute qui l’impose. On écrit ce qu’on ne peut pas dire, et voilà tout» 4. Mais que faut-il entendre par «les véritables lettres»? La suite de sa démonstration montre assez que Lanson refusait précisément d’appeler lettre une «oeuvre d’art destinée expressément à produire une impression esthétique» 5.

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Copyright information

© Martinus Nijhoff — La Haye 1966

Authors and Affiliations

  • Bernard Bray

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