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1835

Chapter
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Part of the Heine-Studien book series (HEINEST)

Zusammenfassung

Comment a-t-on pu s’imaginer que depuis bientôt deux mille ans les hommes, en croyant à la trinité, s’étaient occupés d’une absurde chimère? Vraiment si ce dogme, fondement de tout le christianisme, était une absurdité, et si l’humanité avait été dupe pendant si long-temps, il faudrait désespérer de l’humanité.

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Notizen

  1. (1).
    Ce n’est pas seulement parmi les savans, physiciens, naturalistes, ou géomètres, que cette idée de l’absurdité de la trinité est invétérée aujourd’hui; beaucoup de penseurs d’un autre ordre la partagent. Je viens de lire les railleries amères que M. Heine a jetées en passant sur la trinité dans ses articles De l’Allemagne depuis Luther, insérés dans les dernières livraisons de la Revue des Deux-Mondes. Voilà donc un poète, un philosophe, un des hommes de notre siècle qui ont au plus haut degré le double caractère de penseur et d’artiste, qui ne tarit pas de rire en songeant que l’humanité a pu croire si long-temps que trois ne font qu’un. Ses moqueries nous montrent que, sur ce point encore, ce n’est pas d’Allemagne que nous viendra la lumière. Car M. Heine est assurément bien instruit des travaux des philosophes de son pays: peu importe d’ailleurs le cas qu’il en fait; il ne rirait pas ainsi du mystère chrétien, si en Allemagne on en avait donné une explication vraiment philosophique. Mais je comprends bien quel doit être le courroux de M. Heine en regardant ce que la manie du retour au catholicisme produit aujourd’hui dans cette Allemagne qu’il aime, mais qu’il voudrait voir de plus en plus associée au mouvement de l’esprit moderne. Lui, à beaucoup d’égards si Français pour le génie, c’est-à-dire si moderne. Lui, à beaucoup d’égards si Français pour le génie, c’est-à-dire si amoureux de la clarté et si éloigné de la superstition, si imprégné d’ailleurs de l’esprit philosophique de notre dix-huitième siècle, de quel œil peut-il voir Munich, par exemple, avec ses piétistes, ses nouveaux catholiques, et ses philosophes convertis au mysticisme! Comment n’aurait-il pas une reprise du rire fou du dix-huitième siècle sur les mystères du christianisme, en voyant cette sage école de Munich prosternée devant des somnambules, et recevant avec foi les merveilleux récits que des femmes en extase et à stigmates racontent sur la passion de Jésus-Christ, dont elles reproduisent les souffrances et les plaies, comme autrefois nos convulsionnaires! Oui, si nous nous en rapportons à des récits qui nous ont été faits par des catholiques sincères autant qu’éclairés, voilà où en est cette école des Baader et des Gœrres, cette école qu’on croit en France beaucoup plus raisonnable, et qu’on vante quelquefois sans la connaître. Les mystiques de Munich apprennent aujourd’hui avec une admiration dévote, au lit des somnambules, des faits qui ne sont pas dans l’Évangile, et qu’ils recueillent précieusement comme devant servir un jour de supplément à ceux qui s’y trouvent!Google Scholar

Notizen

  1. (1).
    2 vol. in-8°, librairie de Renduel.Google Scholar

Notizen

  1. (1).
    L’auteur doit être d’autant plus à l’abri de toute suspicion sur ce point qu’il est protestant et a été élevé dans les préjugés et presque dans l’intolérance du protestantisme; qu’il est né dans le nord de l’Allemagne, et qu’ainsi l’opinion émise par lui est le fruit de méditations consciencieuses, et n’est nullement provoquée par aucune influence extérieure; bien au contraire.Google Scholar
  2. (2).
    Si aujourd’hui les cantons démocrates et catholiques sont les plus arriérés, s’ils s’opposent avec acharnement aux progrès et aux réformes si, aujourd’hui, le canton de Berne est à la tête du mouvement progressif de la Suisse; là aussi il n’y a que des motifs politiques qui distribuent ces nouveaux rôles. Le canton de Berne demande une influence et une suprématie politiques, qui soient en proportion avec le nombre de ses habitans et l’étendue de son territoire, il ne veut plus tolérer une constitution qui donne à la diète et aux cantons de 20,000 âmes, la même importance qu’à celui qui en a 300,000. Il ne peut opérer ce changement qu’en s’associant au mouvement général de l’Europe; tandis que les petits cantons résistent, et réclament le maintien du statu quo, sanctionné par tant de siècles. Par la nature des choses, ils sont les alliés du parti conservateur de l’Europe, représenté par les puissances du Nord, dont ils doivent acheter l’appui par l’adoption de leurs principes. Le juste milieu observé par les autres cantons, vient d’un côté d’une jalousie de la prépondérance trop marquée qu’il faudrait accorder au canton de Berne, de l’autre côté du désir d’augmenter leur propre influence par une plus juste répartition des voix. La bigotterie et l’ignorance des cantons démocrates ne sont pas produites par l’influence du catholicisme, car le canton catholique de Lucerne est avec Berne et avec plus de bonne foi, à la tête du mouvement, mais de cette opiniâtreté avec laquelle tous les montagnards tiennent aux anciennes croyances et aux anciennes habitudes.Google Scholar
  3. (3).
    Il n’y a presque pas de ville en Allemagne où l’on ne montre encore aujourd’hui une caverne ou une cave dans laquelle les habitans ont cherché un asile contre les cruautés des hordes qui figuraient aux guerres de trente ans.Google Scholar
  4. (4).
    Ou vas-tu? wohin du gehst? le mot gehst est prononcé par ces Suisses allemands gehscht; le mot spectre, geist, est prononcé par eux également gehscht; de là ce malentendu assez ridicule.Google Scholar
  5. (5).
    Dans son ouvrage sur la littérature allemande dont nous donneront plus tard des extraits plus étendus.Google Scholar

Notizen

  1. (1).
    Voyez le Réformateur des 5 et 7 octobre.Google Scholar

Notizen

  1. (1).
    Cet article est extrait du Freimüthige (Franc-parleur) de Berlin. Ce journal a obtenu un grand succès sous la direction de M. Hering. Il vient de passer entre les mains de M. Albrecht, l’un de ses plus spirituels et de ses plus actifs collaborateurs. M. Albrecht saura, nous n’en doutons pas, maintenir à ce recueil la réputation littéraire que lui avait acquise M. Hering.Google Scholar
  2. (2).
    Un des journaux littéraires de Leipzig, rédigé auparavant par M. Laube.Google Scholar

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