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1844

Chapter
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Part of the Heine-Studien book series (HEINEST)

Zusammenfassung

On a beaucoup parlé de l’indépendance intellectuelle des philosophes, des penseurs de l’Allemagne. On a dit que la patrie des Schiller, des Goethe constituait seule une véritable république littéraire, que là des entraves académiques n’avait jamais arrêté, réprimé l’essor du génie individuel: c’est une erreur. Il n’y a pas de pays au contraire où il soit plus facile au talent de dominer les esprits et d’entraîner à sa suite une foule de médiocrités qui se contentent de jurer aveuglément, commodément par les paroles du Maître. Qu’un grand philosophe paraisse, il trouvera mille sectateurs, il sera écouté, prôné, idolâtré par ceux qui le comprennent et surtout par ceux qui ne le comprennent pas. En général, les grands hommes ont du malheur. S’il leur arrive de s’oublier, de dire une chose fausse, de montrer un défaut, c’est à la fausseté que la foule des imitateurs s’attache avant tout, c’est du défaut qu’elle s’empare de prédilection. Ne pouvant imiter Homère elle se contente de s’endormir comme lui, ne pouvant atteindre le génie elle singe tout ce qu’il peut avoir de singulier, elle se mouche, elle crache comme lui. Au Musée de la Haye, il y a un tableau de Rembrandt représentant un professeur qui dissèque un cadavre en présence de ses élèves. Par un caprice d’artiste, le peintre a fait sourire le professeur. Peut-être voulait-il vaguement indiquer l’indifférence, le scepticisme du Docteur. Il y a un an que ceux qui visitaient le Musée ont pu remarquer la copie d’un élève à côté du chef-d’œuvre. Mais comme l’on peut s’y attendre, le rapin hollandais néglige tout, l’aspect effrayant du cadavre, la vive curiosité des élèves, la belle pose du professeur, il ne voit, il ne reproduit qu’une seule chose, le sourire, la nuance de persifflage de l’Esculape. Et le sourire est devenu grimace: le professeur de Rembrandt vous effraie, l’autre vous dégoûte. Revenons à l’Allemagne.

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Notizen

  1. (1).
    Byron ne voulait plus écrire. Le 7 avril 1814 il dit sans son journal, c’est fini, plus de rimes pour moi, je ne veux plus monter sur ces tréteaux de poëte. Le même jour, dans la soirée, une gazette annonça l’abdication de Fontainebleau. Le lendemain matin, le poëte rompit sa promesse et son journal porte: 10 avril. Aujourd’hui, j’ai boxé pendant une heure j’ai écrit une ode à Napoléon, je l’ai copiée, j’ai mangé six biscuits, j’ai bu quatre bouteilles de sodawater et j’ai lu le reste de la journée.Google Scholar
  2. (2).
    Dans le langage pittoresque des Universités allemandes tout ce qui n’est pas étudiant s’appelle Philistin. Les artistes et les littérateurs allemands désignent par ce nom les esprits calmes, posés et antipoétiques.Google Scholar
  3. (3).
    Dans une lettre à son fils.Google Scholar
  4. (4).
    Selon Hegel, Dieu ne se connaît pas lui-même, il n’existe pas réellement, il ne prend naissance que dans la pensée de l’homme, Dieu se fait, se crée pour ainsi dire à mesure que le philosophe le pose par l’idée absolue. V. Chalybaus, histoire de la philosophie spéculative, p. 399, seqq.Google Scholar
  5. (5).
    Association significative. Lindner en démasquant Kotzebue, l’Espion russe, s’était fait une réputation de libéralisme. Mais c’était une des plumes les plus spirituellement vénales de l’Allemagne.Google Scholar
  6. (6).
    Si l’on excepte le petit poëme écrit le trente-sixième anniversaire de sa naissance, postérieur à Don Juan.Google Scholar
  7. (7).
    Pour s’en convaincre, on n’a qu’à lire les lettres de Byron à l’éditeur de Don Juan: 24 avril 1824. Conservez-moi l’anonyme, mais si l’affaire devenait sérieuse et que vous fussiez dans l’embarras, avouez que je suis l’auteur. Je puis vous dire comme le roi Guatimozin à son ministre: vous vous plaignez, mais suis-je donc sur un lit de roses? Chacun a son goût. Je voudrais qu’en composant Don Juan, j’eusse été mieux disposé, mais je suis malade, tourmenté par les nerfs et quelquefois j’ai peur de devenir fou (out of my senses).Google Scholar
  8. (8).
    Le spirituel directeur des Gränzboten, M. Kuranda, dans un des cours de littérature allemande qu’il a faits à Bruxelles, a bien caractérisé cette opposition du Nord et du Midi de l’Allemagne. Le Nord est plus intellectuel, plus philosophique; le Midi a plutôt le sentiment poétique: Kant, Fichte, Leibnitz et Lessing sont du Nord; Schiller, Goethe, Mozart et Gluck sont du Midi. Hegel et Schelling en sont aussi; mais le premier est une anomalie en tout, le second comme Platon, est plus poëte que philosophe. Les Gränzboten, dans un des demies numéros, racontent que récemment il s’est formé dans le Nord une société de jeunes gens ayant pour but la négation de la divinité.Google Scholar

Notizen

  1. (1).
    Ce qui caractérise jusqu’ici le règne de Frédéric-Guillaume IV, c’est le nombre infini de projets avortés, de choses commencées et abandonnées: une loi restrictive sur le divorce inspirée par la rigidité méthodiste, repoussée avec énergie par le sentiment public; l’introduction de l’ancien code prussien dans les provinces rhénanes, rejetée par les états; la création de l’évêché de Jérusalem et le rétablissement de l’ordre du Cygne, tombés sous la raillerie; l’installation, dans les universités, de professeurs contraints de cesser leurs cours faute d’auditoire; la fondation de plusieurs journaux qui n’ont pu trouver de lecteurs, etc., etc.Google Scholar
  2. (2).
    Un des représentants les plus célèbres de ce parti, désigné aussi sous le nom des noir rouge et or (schwarz-roth-golden), est le professeur Arndt, auteur de la fameuse chanson: Quelle est la patrie de l’Allemand?Google Scholar
  3. (3).
    Expression de M. Henri Heine dans le volume dont nous allons parler.Google Scholar
  4. (4).
    Cru du Rhin que M. Freiligrath a spécialement désigné à la faveur du public.Google Scholar
  5. (5).
    M. Hoffmann, né en 1798 à Fallersleben, dont il a retenu le nom, auteur des Chansons Impolitiques et d’un grand nombre de poésies familières très-répandues en Allemagne.Google Scholar
  6. (6).
    Chansons des rues, par Hoffmann de Fallersleben.Google Scholar
  7. (7).
    Le Cor enchanté, recueil de chants populaires du moyen âge réunis par MM. d’Arnim et Clément Brentano.Google Scholar
  8. (8).
    C’est dans cette Revue même que parurent les premiers extraits des Reisebilder, traduits par M. Loeve-Veimars, en qui M. Henri Heine avait trouvé un interprète d’un goût exquis et d’une rare délicatesse. Plus tard, on publia une traduction complète du livre faite sous les yeux de l’auteur même des Reisebilder.Google Scholar
  9. (9).
    Hengstenberg, professeur de théologie à Berlin, rédacteur du Journal de l’Église évangélique.Google Scholar
  10. (10).
    Neander, professeur de théologie à Berlin; auteur d’une Vie de Jésus écrite dans le sens le plus orthodoxe.Google Scholar
  11. (11).
    Rédacteur en chef de la Gazette Universelle d’Augsbourg.Google Scholar
  12. (12).
    Titre d’un quatrain de Freiligrath.Google Scholar
  13. (13).
    Un grand nombre d’ouvriers silésiens viennent d’être condamnés pour tumulte, dit le jugement rendu, à six et neuf ans de Zuchthaus (prison et travaux forcés).Google Scholar

Notizen

  1. (1).
    Le poème que nous publions a produit une vive sensation en Allemagne. Aussi, malgré la hardiesse de quelques passages, a-t-on voulu, dans cette traduction rester avant tout fidèle au texte. Cest un document littéraire que nous mettons sous les yeux de nos lecteurs, et dont une reproduction complète peut seule faire apprécier l’intérêt.Google Scholar

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