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Entre science et art de l’ingénieur. L’enseignement de Navier à l’Ecole des Ponts et Chaussées

  • Antoine Picon
Conference paper

Résumé

La généralisation à trois dimensions de l’étude de l’oscillation de la lame élastique entamée par Jacob Il Bernoulli est poursuivie par Cauchy, Navier et Lamé qui fondent la théorie mathématique de l’élasticité. L’essor exceptionnel pris par la science des Ingénieurs à cette époque est indissociable de son enseignement puisque ce sont les mêmes hommes qui développent le savoir et renseignent à l’Ecole polytechnique et à l’Ecole des Ponts et Chaussées.

Summary

The generalisation to two dimensions of the oscillation of the elastic rod tempted by Jacob Il Bernoulli was pursued and generalised to the elastic body by Cauchy, Navier and Lamé who founded the mathematical theory of elasticity. The exceptional rise of the science of engineering at that period is indissociable from its teaching since the same men who developed the knowledge teached it at the «Ecole polytechnique» and at the «Ecole des Ponts et Chaussées».

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Références

  1. 2.
    Il n’existe malheureusement pas d’ouvrage scientifique récent consacré à la vie et à l’œuvre de Navier. Conservé sous la côte F14 22891 aux Archives nationales, son dossier administratif contient toutefois de nombreux renseignements sur sa carrière. On pourra également se reporter aux notices biographiques rédigées par Prony, Emmery et Girard qui figurent en tête de la réédition par Barré de Saint-Venant de la première partie de son Résumé des leçons données à l’Ecole des Ponts et Chaussées sur l’application de la mécanique à l’établissement des constructions et des machines, Paris, 1864, pp. xxxix-liv.Google Scholar
  2. 3.
    CL. Navier, Résumé des leçons données à l’Ecole des Ponts et Chaussées sur V application de la mécanique à l’établissement des constructions et des machines, Paris, 1826. Il ne s’agit que de la première partie du cours de Navier consacrée aux problèmes de génie civil et d’architecture. Traitant de Fhydraulique et des machines, les seconde et troisième parties du cours ne seront publiées qu’en 1838 après avoir été lithographiées à plusieurs reprises à l’intention des élèves de l’Ecole des Ponts et Chaussées.Google Scholar
  3. 4.
    Cité par D.-A. Gasparini, C. Provost, Early nineteenth century developments in truss design in Britain, France and the United States, Construction history, vol. 5, 1989, pp. 21–33Google Scholar
  4. 4a.
    Cité par D.-A. Gasparini, C. Provost, Early nineteenth century developments in truss design in Britain, France and the United States, Construction history, vol. 5, 1989, p. 30 plus particulièrement; c’est nous qui traduisons.Google Scholar
  5. 5.
    CL. Navier, Résumé des leçons données à l’Ecole des Ponts et Chaussées sur l’application de la mécanique à l’établissement des constructions et des machines, rééd. par A. Barré De Saint-Venant, Paris, 1864.Google Scholar
  6. 6.
    Sur Gauthey, on pourra consulter A. Coste, A. Picon, F. Sidot (dir.), Un ingénieur des Lumières. Emiland-Marie Gauthey, Paris, Presses de l’Ecole nationale des Ponts et Chaussées, 1993.Google Scholar
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    Cf. B. Belhoste, A. Dahan-Dalmédico, A. Picon (dir.), La formation polytechnicienne 1794–1994, Paris, 1994.Google Scholar
  8. 8.
    Cf. A. Picon, L’invention de l’ingénieur moderne. L’Ecole des Ponts et Chaussées 1747–1851, Paris, Presses de l’Ecole nationale des Ponts et Chaussées, 1992.Google Scholar
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  10. 9a.
    B. Forest De Bélidor, La science des ingénieurs, rééd. par CL. Navier, Paris, 1813Google Scholar
  11. 9b.
    B. Forest De Bélidor, Architecture hydraulique, rééd. par CL. Navier, Paris, 1819.Google Scholar
  12. 10.
    Cf. B. Belhoste, Cauchy 1789–1857. Un mathématicien légitimiste au XIXe siècle, Paris, Belin, 1985Google Scholar
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    A. Dahan-Dalmédico, Aspects de la mathématisation au XIXème siècle. Entre physique mathématique du continu et mécanique moléculaire, la voie d’A.-L. Cauchy, thèse de doctorat de l’Université de Nantes, 1990.Google Scholar
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    Ces différents aspects de sa carrière sont évoqués à plusieurs reprises dans A. Picon, L’invention de l’ingénieur moderne.Google Scholar
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  16. 13.
    Sur l’histoire de ces disciplines au XIXe siècle et sur la contribution apportée par les ingénieurs, on pourra consulter par exemple S. -P. Timoshenko, History of strength of materials, New-York, 1953Google Scholar
  17. 13a.
    S. -P. Timoshenko, History of strength of materials, rééd. New-York, 1983Google Scholar
  18. 13b.
    T. -M. Charlton, A history of theory of structures in the nineteenth century, Cambridge, 1982CrossRefGoogle Scholar
  19. 13c.
    E. Benvenuto, La scienza delle costruzioni e il suo sviluppo storico, Florence, 1981. Voir également l’historique plus ancien placé par Barré de Saint-Venant en tête de sa réédition du Résumé de Navier, pp. xc–cccxj.Google Scholar
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    CL. Navier, Leçons données en 1819–1820 à l’Ecole des Ponts et Chaussées sur l’application de la mécanique, Paris, Ecole des Ponts et Chaussées, 1820.Google Scholar
  21. 15.
    L’anglais Thomas Young avait déjà fait usage d’un module d’élasticité en 1807, mais il en avait donné une définition moins pratique que celle de Navier. Cf. S. -P. Timoshenko, op. cit., p. 92Google Scholar
  22. 15a.
    ainsi que A. Kahlow, Thomas Young und die Herausbildung des Begriffs Elastizitätsmodul, in NTM Schriftenreihe für Geschichte der Naturwissenschaften Technik und Medizin, 1990, n° 2, pp. 13–26.Google Scholar
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    CL. Navier, Note de M. Navier relative au projet du mur de revêtement de l’arrière-port de Dieppe, in Annales des Ponts et Chaussées, 1er semestre 1831, pp. 349–351.Google Scholar
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    Sur l’évolution de la théorie des voûtes au cours de la première moitié du XIXe siècle, lire J.-V. Poncelet, Examen critique et historique des principales théories ou solutions concernant l’équilibre des voûtes, in Comptes-rendus hebdomadaires des séances de l’Académie des Sciences, t 35, Paris, 1852, pp. 494–587Google Scholar
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    Cf. T.-M. Charlton, Maxwell, Jenkins and Cotterill and the theory of statically-inderterminate structures, in Notes and records of the Royal Society of London, vol. 26, 1971, pp. 233–246Google Scholar
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  39. Cf. J.-M. Delbecq, op. cit. Google Scholar
  40. 29.
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  41. 30.
    Cf. A. Picon, Vinvention de l’ingénieur moderne, Paris, 1992.Google Scholar

Copyright information

© Birkh¤user Verlag 1995

Authors and Affiliations

  • Antoine Picon
    • 1
  1. 1.Centre D’enseignement Et De Recherche Techniques Et SociétésÉcole Nationale Des Ponts Et ChausséesNoisy-Le-Grand CedexFrance

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