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Conclusion

  • Marc Lévêque

Résumé

Dans un éditorial1 au titre provocateur: «Attention, la psychochirurgie est de retour !», le père de la stimulation cérébrale profonde, Alim-Louis Benabid s’adressait, en 2006, à tous ceux «qui auront la redoutable responsabilité de redévelopper des méthodes thérapeutiques susceptibles d’apporter un soulagement certain à des malades souffrant de maladies qui les excluent de la société, de leur milieu familial et de leur propre dignité». Le célèbre neurochirurgien grenoblois mettait en garde: «La renaissance de la psychochirurgie est une deuxième chance qui nous est donnée, aux malades comme aux médecins et aux scientifiques, et il est de notre devoir d’en tirer le meilleur usage et d’en assurer le bilan positif. Ce sera notre responsabilité si une fois encore nous la conduisions, à cause de nos erreurs et de notre manque de discernement, à un nouvel échec ouvrant la porte sur une nouvelle période de ténèbres». Le chemin qui s’ouvre devant la psychochirurgie s’annonce ardu. Derrière nous se trouve une histoire dont certains aspects demeurent très controversés et auxquels on se borne, un peu trop souvent et facilement, à l’y renvoyer. Certains auteurs proposant, pour ces raisons, de rebaptiser la psychochirurgie par «neuromodulation» afin, pensent-ils, de s’affranchir de cet héritage. Cette pirouette sémantique présente peu d’intérêt. Bien au contraire, elle dispense d’un effort de pédagogie démontrant que les lobotomies des années 1950 ont disparu et que les gestes d’aujourd’hui ne riment plus avec les mutilations de la personnalité de jadis. Devant nous se dressent les risques de dérapages de ces interventions aux mains de praticiens peu soucieux des principes fondamentaux d’éthique. Entre la menace d’être tuée dans l’œuf au nom des erreurs passées et celle d’être condamnée par idéologie ou technophobie, la voie offerte à la psychochirurgie reste incertaine. Pourtant, c’est vraisemblablement ce chemin qui permettra de mener vers le soulagement des dizaines de milliers de patients aujourd’hui en impasse thérapeutique et condamnés aux souffrances de la maladie mentale. Pour que ces perspectives prometteuses s’ouvrent réellement, cet élan devra être strictement encadré et, pour cela, il m’a semblé essentiel de clôturer cet ouvrage par le rappel des principaux «garde-fous» sans quoi le développement de la «stimulation cérébrale profonde dans les pathologies psychiatriques pourrait courir à sa perte» 2 comme nous met en garde Marwan Hariz.

Copyright information

© Springer-Verlag Paris 2013

Authors and Affiliations

  • Marc Lévêque
    • 1
  1. 1.Service de neurochirurgie Hôpital universitaire de la Pitié-Salpêtrière Assistance publiqueHôpitaux de ParisParisFrance

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