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Annoncer la « fin des traitements »?

  • M. Derzelle
Part of the Psycho-Oncologie book series (PSYCHONC)

Résumé

Que le temps du sujet ne soit pas superposable au temps médical, le temps de la rémission le dit sans doute suffisamment (1). Si l’annonce de celle-ci est manifestement une « bonne nouvelle » au plan médical, annonce de la suspension thérapeutique et d’un défi relevé et temporairement gagné contre la maladie, la fin des traitements qui s’y associe constitue, régulièrement pour les patients, un stress tout à fait particulier. C’est le temps où ils se disent et se sentent déboussolés, abandonnés, perdant le sentiment de contrÔle que procurait l’administration des traitements. Ils sont habités par un sentiment de grande vulnérabilité, de vide, quand bien même diminue la détresse émotionnelle et que s’installe une sorte de démobilisation psychique. Tout se passe comme si, perdant une figure maternelle toute-puissante, qui n’est jamais que l’autre nom de « l’effet cadre » des soins, ils étaient progressivement gagnés par un abandonnisme intolérable, une insécurité de base, liés à la perte d’un lien médical soutenu et qui fonctionnait comme un véritable « surmoi corporel » (2) organisant l’espace, le temps et les fonctions corporelles du sujet. Comme si le savoir généré par la maladie, qui est savoir qu’on est mortel, devenait envahissant et angoissant dès lors que l’alliance thérapeutique avec le corps médical et la structure se distendait. Comme si la perte du grand corps premier s’y trouvait ravivée à l’extrême, obligeant à perdre pied, à perdre tout point de repère, obligeant l’arrachement à l’autre devenu l’arrachement de soi à soi (3).

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Copyright information

© Springer-Verlag France, Paris 2011

Authors and Affiliations

  • M. Derzelle
    • 1
  1. 1.PsychanalysteInstitut Jean-GodinotReims Cedex

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