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Considérations générales sur les sources occidentales

  • Éric Marié
Part of the Médecines d’Asie: Savoirs et Pratiques book series (MEDASIE)

Résumé

À partir de la Renaissance, les médecins revisitent les traités de l’Antiquité, particulièrement ceux de Galien qui demeure la principale référence en matière de diagnostic par les pouls. De nombreuses éditions qui serviront de support à l’étude voient le jour au cours des XVI e et XVII e siècle. Cependant, comme il n’existe pas de manuscrits antiques disponibles, les éditeurs de cette époque s’appuient sur des sources qui n’ont été transmises qu’au prix de nombreuses vicissitudes. Ce problème existe également en Chine pour les traités les plus anciens, mais il est encore plus sévère en Europe, pour plusieurs raisons. On peut évoquer la découverte plus tardive du papier et de l’imprimerie, ce qui a imposé une reproduction sous forme de copies manuelles sur un support coûteux, donc avec une démultiplication des risques d’erreur et un nombre plus restreint d’exemplaires disponibles. Comme l’explique Brigitte Mondrain, « les passages successifs du volumen au codex antiques, puis au manuscrit médiéval, puis au livre imprimé, entraînent divers types de fautes1 ». Pour résumer, durant l’Antiquité, un traité se présente sous la forme d’un ou de plusieurs rouleaux de papyrus se déroulant horizontalement et écrits sur une seule face2. Entre le III e et le V e siècle, ce volumen est remplacé par un codex qui ressemble, de loin, au livre que nous connaissons aujourd’hui. Les pages se tournent et sont écrites sur le recto et le verso, le parchemin venant supplanter le papyrus. Les conséquences sont importantes sur la transmission des textes savants : l’agencement du texte est plus pratique, la mise en page permet l’intégration de gloses, et surtout il devient possible de constituer des volumes plus importants, ce qui exerce une influence déterminante sur la compilation des écrits.

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Références

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Copyright information

© Springer-Verlag France 2011

Authors and Affiliations

  • Éric Marié
    • 1
  1. 1.Faculté de médecine de MontpellierMontpellierFrance

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