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Considérations générales sur les sources chinoises

  • Éric Marié
Part of the Médecines d’Asie: Savoirs et Pratiques book series (MEDASIE)

Résumé

Pour procéder à l’analyse critique des sources, il est habituel de les ordonner selon des critères externes (type de support, manuscrit ou imprimé...) et selon un ordre de création (primaires, secondaires, voire tertiaires). Cependant, pour plusieurs raisons, cette organisation est peu pratique dans le cas des sources médicales chinoises. Tout d’abord, on a conservé moins de manuscrits anciens en Chine qu’en Europe1 ; cela tient principalement au fait que les Chinois, ayant inventé divers procédés d’imprimerie2 et les ayant employés bien avant les Européens, n’ont pas été obligés d’avoir recours, aussi longtemps que ceux-ci, au procédé de la copie manuelle. Dès le VIII e siècle, la xylographie, sans doute issue de la combinaison des deux procédés plus anciens de l’estampage et de la gravure des sceaux, permet, à moindre frais, la reproduction de textes et d’images, en petites séries. À partir du IX e et du X e siècle, elle se généralise aux almanachs, aux textes religieux ou ésotériques, aux manuels d’instruction scolaire et aux ouvrages historiques, pour ne citer que quelques exemples. Au XI e siècle, de nombreux traités médicaux sont imprimés et diffusés de cette façon. C’est à cette époque, probablement un peu avant 1050, que l’imprimerie à caractère mobile fait son apparition3, soit plus de quatre siècles avant son invention par Gutenberg en Europe. Il faut cependant noter que si, en Occident, ce procédé de reproduction représente un progrès considérable dans les modalités de la transmission du savoir et des idées, il n’a pas les mêmes répercussions en Chine. En Europe, la transition est brutale : en quelques décennies, on passe de l’élaboration lente et artisanale d’un ouvrage précieux et unique, véritable oeuvre d’art, à la réalisation en série d’un livre infiniment moins coûteux.

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Références

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    On peut lire avec profit: J.-P. Drège, Les Bibliothèques en Chine au temps des manuscrits (jusqu’au Xe siècle), Paris, Édition de l’École française d’Extrême-Orient, 1991; « La lecture et l’écriture en Chine et la xylographie », Études chinoises, X, 1–2, 1991; « Des effets de l’imprimerie sous la dynastie des Song », Journal asiatique, 282, 2, 1994.Google Scholar
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Copyright information

© Springer-Verlag France 2011

Authors and Affiliations

  • Éric Marié
    • 1
  1. 1.Faculté de médecine de MontpellierMontpellierFrance

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