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La perception de la sphygmologie chinoise en Europe : voyageurs et savants

  • Éric Marié
Part of the Médecines d’Asie: Savoirs et Pratiques book series (MEDASIE)

Résumé

En matière de connaissance médicale, les échanges entre la Chine et l’Europe occidentale se développent à une période relativement récente. En effet, si l’on excepte quelques contacts ponctuels, difficiles à objectiver, détectables seulement par des sources secondaires isolées et, en tout état de cause, de peu de conséquences sur l’enseignement et la pratique de la médecine dans les deux aires culturelles considérées, les premières communications commencent timidement à partir de la fin du XVI e siècle et se développent plus précisément au cours de la seconde moitié du XVII e siècle. On peut retenir que les voyageurs portugais sont sans doute les premiers informateurs sur la médecine chinoise, particulièrement Fernao Mendes Pinto (1511–1583) qui, dans la version originale de ses Pérégrinations 1, mentionne, pour la première fois, la pratique de l’implantation transcutanée d’aiguilles à des fins thérapeutiques, cette allusion à l’acupuncture (du latin acus, « aiguille », et punctura, « piqûre ») disparaissant dans les traductions posthumes française (1645)2 et anglaise (1653) de ses souvenirs de voyages.

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Références

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    La restitution du contenu du Neijing est ici parfaitement juste, ce qui montre que le correspondant connaissait bien cette partie du texte qui correspond à une partie du chapitre « Mai yao jingwei lun [Traité des principales subtilités des pouls] », Suwen, 17.Google Scholar
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Copyright information

© Springer-Verlag France 2011

Authors and Affiliations

  • Éric Marié
    • 1
  1. 1.Faculté de médecine de MontpellierMontpellierFrance

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