La laparotomie exploratrice peut être bénéfique chez les patients ayant développé un sepsis après un procédé abdominale chirurgical. Nous avons déterminé si l’évaluation clinique couplée, entre le réanimateur et le chirurgien (EC-RC), pouvait identifier les patients présentant un sepsis intrapéritonéal chirurgicalement corrigible. Nous avons également évalué l’influence de l’âge, du sexe, de la présentation et de la sévérité de la maladie, de l’intervalle avant la re-laparotomie, sur la survie après re-laparotomie. On a prospectivement collecté les données concernant les anomalies cliniques, de laboratoire, et radiologiques avant la re-laparotomie, les données de la re-laparotomie, et la survie pendant l’hospitalisation entrées dans une banque de données d’unité de soins intensifs (SI) entre jan 1997 et jan 2002. Soixante-cinq des 1482 (4.4%) patients admis en SI après la re-laparotomie, cinq jours (médiane) après le procédé initial. La probabilité d’identifier un sepsis chirurgicalement curable et la mortalité hospitalière ont été, respectivement, de 83% et de 43%. L’imagerie abdominale a contribué positivement dans 50% des cas alors que l’EC-RC en était incertain. L’âge du patient et l’existence d’une défaillance multi-viscérale avant la laparotomiemais pas le degré d’urgence de la laparotomie initiale, le score APACHE II avant la re-laparotomie, l’intervalle de temps avant la reprise ou le nombre de re-laparotomies — ont influencé l’évolution.La probabilité de prédire l’existence d’un sepsis intrapéritonéal lors d’une ré-laparotomie après chirurgie abdominale par l’évaluation clinique est élevée. Il se peut que la mortalité post-laparotomie de 43% après ré-laparotomie ne soit pas plus importante après traitement non-opératoire du sepsis intraabdominal, mais la mortalité de 78% après ré-laparotomie chez le patient âgé plus de 75 ans soulève des doutes. L’identification d’un sepsis intrapéritonéal et une ré-laparotomie précoce après la laparotomie initiale pourraient contribuer à réduire le taux élevé de défaillance multi-viscérale (60%) avant la ré-laparotomie et ainsi améliorer la survie après la ré-laparotomie.