Objectif: Évaluer l’efficacité du blocage du plexus cervical réalisé avec de la ropivacaïne 0,75 % ou 1 %, ou de la mépivacaïne 2 %.
Méthode: Lors d’une étude prospective, randomisée et à double insu, 60 patients ont reçu un blocage profond du plexus cervical avec 0,2 ml·kg−1 divisé en injections C2–C4 de ropivacaïne 0,75 % et 1 % ou de mépivacaïne 2 %. Un observateur impartial a enregistré la perte de sensation à la piqûre à chaque minute dans les dermatomes de C2–C4 jusqu’à l’insensibilité nécessaire à l’opération. Un blocage cervical superficial a ensuite été réalisé avec 0,15 ml·kg−1 de lidocaïne 1 %. Les besoins d’analgésie d’appoint peropératoire et le degré de la douleur ainsi que le moment de la première demande postopératoire d’analgésique ont aussi été notés.
Résultats: Aucun patient n’a eu besoin d’anesthésie générale pendant l’intervention chirurgicale. Aucune différence d’analgésie supplémentaire peropératoire n’a été observée (7, 6, et 9 patients avec la ropivacaïne 0,75 % et 1 % ou la mépivacaïne 2 %, respectivement). Pour être prêt à l’opération, il a fallu 15 (10–25) min avec la ropivacaïne 0,75 %, 18 (8–20) min avec la ropivacaïne 1 %, et 15 (5–20) min avec la mépivacaïne 2 % (P=NS); les patients ont demandé une première dose d’analgésie postopératoire après 10 (4–13) h et 9 (6,5–11) h avec la ropivacaïne 0,75 % et 1 % en comparaison de 5 (0–8) h avec la mépivacaïne 2 % (P<0,05).
Conclusion: La ropivacaïne 0,75 % ou 1 % constitue un bon choix pour réaliser une anesthésie du plexus cervical lors d’une endartériectomie carotidienne, les caractéristiques du blocage nerveux étant similaires à celles de la mépivacaïne 2 %, mais comportant l’avantage d’un soulagement prolongé de la douleur postopératoire.