Objectif
Évaluer l’efficacité des interventions de réanimation cardiorespiratoire avancée à l’aide de la technique Utstein pédiatrique.
Méthode
Les dossiers de tous les enfants pour lesquels un appel de réanimation cardiorespiratoire a été demandé sur une période de six années consécutives dans un centre hospitalier universitaire ont été revus. Les données ont été recueillies selon la technique Utstein pédiatrique. Un P < 0,05 a été retenu.
Résultats
Des 234 appels, 203 ont été retenus pour analyse. Le taux de survie globale à un an est de 26,0 % avec 10% de détérioration neurologique chez les survivants. Le délai pour l’obtention de la récupération d’une activité circulatoire spontanée (ROSC; P < 0,0001) et d’une pression artérielle mesurable soutenue (P = 0,002), pour réaliser l’intubation trachéale (P = 0,04) et la dose de bicarbonate de sodium (P < 0,0001) sont des indicateurs de survie à long terme. Deux patients sont vivants un an après l’arrêt sans modification de statut neurologique malgré un délai pour le ROSC supérieur à 30 min (38 et 44 min). La dose moyenne d’adrénaline administrée comme première dose est plus élevée pour les patients avec ROSC obtenu mais non soutenu que ceux pour qui le ROSC est soutenu (0,038 ± 0,069 mg·kg−1 vs 0,011 ± 0,006 mg·kg−1; P = 0,004). Le taux de survie et la première dose d’adrénaline des patients qui ont reçu l’adrénaline par voie intratrachéale (13,3 %; 0,011 ± 0,004 mg·kg−1) sont similaires à ceux qui l’ont reçue par voie iv (7 %; 0,015 ± 0,027 mg·kg−1).
Conclusions
Une dose de 0,01 m·kg−1 d’adrénaline est appropriée comme première dose par voie iv. La voie intratrachéale est une solution de rechange adéquate et, pour les moins d’un an, la dose peut être identique à la dose recommandée pour la voie iv. Un temps minimal de réanimation de 30 min peut être insuffisant si le ROSC est choisi comme paramètre.