Objectif
Les patients atteints d’hypothyroïdie sévère représentent tout un défi pour les anesthésiologistes étant donné les risques périopératoires très élevés. Dans l’ensemble, ils affichent une grande sensibilité aux anesthésiques, une forte incidence de morbidité cardiovasculaire périopératoire, des risques importants d’insuffisance ventilatoire postopératoire et d’autres désordres physiologiques. Les bases physiologiques, précédemment décrites, de l’incidence accrue d’insuffisance ventilatoire postopératoire chez ces patients comprennent des réponses ventilatoires centrales et périphériques diminuées à l’hypercapnie et à l’hypoxie, la faiblesse musculaire, la baisse de stimulation respiratoire centrale et l’hypoventilation alvéolaire qui en résulte. Ces défaillances ventilatoires sont le plus souvent associées à une hypoxie sévère et à une rétention de gaz carbonique (CO2). L’objectif du présent article est de commenter la présentation anesthésique unique et intéressante d’un patient atteint d’hypothyroïdie sévère.
Éléments cliniques
Il s’agit d’un homme de 58 ans atteint d’hypothyroïdie sévère. Il présentait une fréquence respiratoire (3–4 bpm) et une ventilation-minute périopératoires extrêmement basses et il a, au même moment, développé une alcalose respiratoire primaire aiguë et une hypocarbie associée (PETCO2 ≈ 320–22 mmHg).
Conclusion
La défaillance ventilatoire était basée sur d’inacceptables basses fréquence respiratoire et ventilationminute qui ne permettaient pas d’entretenir une oxygénation suffisante. La vitesse extrêmement faible du métabolisme basal et la production réduite de CO2, résultant probablement de l’hypothyroïdie sévère, ont pu conduire au développement d’une alcalose respiratoire aiguë malgré la diminution simultanée de la ventilation-minute.