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Place du psychiatre dans un Centre de Traitement de la Douleur

Intégration de la «lésion psychique douloureuse»

Résumé

L’écoute des patients douloureux chroniques, retrouve chez nombre d’entre eux une biographie marquée par des carences affectives précoces voire des traumatismes. Les tentatives de «compensation» du sujet dans un hyperactivisme, ou autre équivalent addictif à valeur de lutte antidépressive, peuvent alors trouver leur point de rupture à travers un incident plus ou moins signifiant qui vient déstabiliser un équilibre individuel et relationnel précaire, auquel succède parfois un hyperinvestissement «toxicophilique» du phénomène douloureux qui tend à protéger (partiellement) le sujet de l’effondrement narcissique.

Cette plainte douloureuse résistante va alors suivre un long parcours, souvent marqué par le clivage, la confusion, la souffrance familiale et le contentieux médico-social, avant sa rencontre éventuelle avec une Structure de lutte contre la douleur. Le soin institutionnel incluant l’abord psychologique, peut permettre au patient, à partir de son vécu présent, d’intégrer cette «lésion psychique douloureuse» dans son histoire de vie, pour offrir à sa conflictualité intra-psychique, clivée et «projetée» dans le corps soigné et soignant, une issue plus réparatrice et constructive que le seul compromis symptomatique douloureux et asthénique, qui répond également à une évolution de société, «la fatigue d’être soi».

Cette co-écriture inclut la famille et s’effectue dans l’interaction dynamique avec une équipe soignante dont l’articulation et la cohésion pluri-professionnelles permettent de «contenir» et de mettre en sens, et non en cause, les mouvements «passionnels» du patient, à travers des processus de «liaisons», et à distance du clivage et du rejet.

Summary

Many patients with chronic pain have a history of early lack of affection or even traumatism. Efforts at «compensation» by a subject suffering from hyperactivity or another equivalent addictive disorder that serves to combat depression can reach a breaking point because of the occurrence of a more or less significant incident that destabilises a precarious individual and relational balance and is sometimes followed by a an over-investment in the painful phenomenon itself, which tends to protect the subject partially from narcissistic dejection. This resistant painful condition persists for a long time and is often characterised by cleavage, confusion, familial suffering and medico-social disputes prior to any management by a pain treatment structure.

Institutional care, including a psychological approach, can allow the patient to integrate this «painful psychic lesion» into his life history on the basis of present experience. This integration allows the intra-psychic conflict (cleaved and «projected» into the patient’s body and onto, the nursing team) a more reparative and constructive solution than the painful and asthenic symptomatic compromise alone.

This care process includes the family and is performed in dynamic interaction with a nursing team whose multidisciplinary structure and cohesion allow the «passionate» movements of the patient to be «contained» and revealed.

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Correspondence to B. Robin.

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Robin, B., Nizard, J., Houart, C. et al. Place du psychiatre dans un Centre de Traitement de la Douleur. Doul. et Analg. 16, 161 (2003). https://doi.org/10.1007/BF03008065

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Mots-clés

  • Douleur chronique
  • carences
  • dépendance
  • conflictualité
  • psychiatrie de «liaison»
  • pluridisciplinarité

Key-words

  • Chronic pain
  • pain center
  • lack of affection
  • dependence
  • conflict
  • relational psychiatry
  • multidisciplinary approach