How do societies and “corporate” groups delimit themselves? A puzzle common to social and medical anthropology

Abstract

Classic anthropological theories define the first but neglect the second condition of social life. When they assume that the universal effect of the incest taboo is the opening of the consanguinial groups to the others, to exchange, they do not explain the closure of their sphere of reciprocity, i.e., the delimitation of the society. Hence the question: How, by which means, are stateless societies delimited or do they delimit themselves?

Among the Senoufo of Ivory Coast (Nafara), one of the main acts of male initiation ceremonies — to the Poro, which is the very basis of the Senoufo's ethnic identity — is a ritual intercourse between the neophytes and their symbolic mother who has just given birth to them. This rite materializes the initiatic axiom: Senoufo men reproduce themselves by incest. In this case, the prescription of ritual incest is a means by which the society “closes” the field of reciprocity “openend” by the prohibition of actual incest. The return of the forbidden — at the heart of the institution which reproduces its identity — is the basic principle of the ritual delimitation of this society.

Despite appearances, the delimitation of the so-called “corporate groups” — for example, an African lineage — is neither more “natural” nor more jural than that of the society which contains them. The limits of these groups are traced and retraced notably in the course of traditional “therapies” and by means of etiological entities which share several common, distinctive properties. (1) They cannot operate outside of the group delimited by them. (2) They are polyvalent and their effects are permutable from one group-member to another. (3) They act periodically: they have to dismantle the group periodically from the inside in order to be able to delimit it constantly from the outside. This phenomenon of spatio-temporal inversion (inside-outside; periodic-continuous), observable in any process of ritual delimitation, deserves our attention insofar as its closer analysis could lead us to rethink our present theories of ritual.

Résumé

Les théories anthropologiques classiques définissent la première mais négligent la seconde condition de la vie sociale. Elles postulent que l'effet de l'interdit universel de l'inceste est l'ouverture des groues consanguins à l'échange mais elles n'expliquent pas la fermeture de leur champ de réciprocityé, i.e. la délimitation de la société. D'où la question: par quels moyens les sociétés sans état se délimitent-elles ou sont-elles délimitées?

Chez les Sénoufo de Côte d'Ivoire, l'acte central de l'initiation masculine au Poro — fondement de l'identité ethnique des Sénoufo — est un rite d'accouplement des néophytes avec leur mère symbolique: rite qui fonde l'axiome initiatique de la reproduction incestueuse des hommes. Dans ce cas, la prescription de l'inceste rituel “ferme” le champ d'alliance “ouvert” par la prohibition de l'inceste réel; le retour du prohibé, là même où les Sénoufo (re)produisent leur identité, est au principe de la délimitation rituelle de leur société. En fait, la prohibition de l'inceste ne fait que déplacer les limites entre le même et l'autre, le dedans et le dehors.

Malgré l'apparence, la délimitation des soi-disant “corporate groups,” tel un lignage africain, West ni plus juridique ni plus “naturelle” que celle de la société qui les contient. Leurs limites sont tracées et retracées notamment au fil des cures traditionnelles et au moyen d'entités étiologiques qui ont des propriétés distinctives: elles sont inopérantes à l'exterieur du groupe qu'elles délimitent; elles sont polyvalentes et leurs effets sont permutables d'un membee du groupe à l'autre; elles agissent périodiquement: il faut qu'elles disloquent le groupe pdriodiquement du dedans pour pouvoir le délimiter continument du dehors. Ce phénomène d'inversion spatio-temporelle (dedans-dehors; périodique-continu) est repérable dans tout processus de délimitation rituelle. Son analyse approfondite pourrait contribuer à une révision significative de nos théories actuelles du rituel.

This is a preview of subscription content, access via your institution.

References

  1. Girard, P. 1985 Insistance ou retour du prohibé. L'inceste, Cahiers du L.A.S.A., Université de Caen 3: 91–97.

    Google Scholar 

  2. Kientz, A. 1979 Approches de parentés sénoufo. Journal des Africanistes (Paris) 49 (1): 9–71 et (2): 9–29.

    Google Scholar 

  3. Lévi-Strauss, C. 1969 The Elementary Structures of Kinship. Boston: Beacon Press. (Trans. of Structures élémentaires de la parenté. Paris: Mouton (1967)).

    Google Scholar 

  4. Lévi-Strauss, C. 1983 La famille., In Le regard éloigné. Paris: Plon, 65–93.

    Google Scholar 

  5. Lowie, R.H. 1920 Primitive Society. New York: Liveright.

    Google Scholar 

  6. Sahlins, M. 1972 Stone Age Economics. Chicago: Aldine-Athero (French trans., Age de pierre, age d'abondance. Paris: Gallimard, 1986).

    Google Scholar 

  7. Sindzingre, N., and A. Zempléni 1981 Modèles et pragmatique, activation et répétition: réflexions sur la causalité de la maladie chez les Sénoufo de Côte d'Ivoire. Social Science and Medicine 15B, (3): 279–295.

    Google Scholar 

  8. Tylor, E.B. 1971 Primitive Culture. London: John Murray.

    Google Scholar 

  9. Turner, V. 1968 The Drums of Affliction. London: Oxford University Press (French trans., Les Tambours d'affliction. Paris: Gallimard, 1972).

    Google Scholar 

  10. White, L.A. 1949 The Science of Culture. New York: Farrar-Straus.

    Google Scholar 

  11. Zempléni, A. 1982 Anciens et nouveaux usages sociaux de la maladie en Afrique. Archives des Sciences Sociales de Religions LIV, 1: 5–19.

    Google Scholar 

  12. Zempléni, A. 1984 Possession et sacrifice, Le temps de la réflexion, V, 325–352. Paris: Gallimard.

    Google Scholar 

  13. 1985a La réhabilitation “magico-religieuse.” In Ethnopsichiatria Oggi, 20–35. Pandolfi, A. and A. Zempléni. Rome.

  14. 1985b La “maladie” et ses “causes.” In Causes, agents, origines de la maladie chez les peoples sans écriture. A. Zempléni, ed. No. spécial de l'Ethnographie, LXXXI, 96–97 (2–3), 13–44.

  15. Zempléni, A. 1987 Des êtres sacrificiels. In Sous le masque de l'animal: Essais sur le sacrifice en Afrique Noire. M. Cartry, ed., pp 267–319. Paris: P.U.F. (Bibliothèque de l'E.P.H.E.).

    Google Scholar 

  16. Zempléni, A. 1988 Entre “sickness” et “illness”: de la socialisation à l'individualisation de la “maladie.” Social Science and Medicine 27 (11): 1171–1182.

    Google Scholar 

Download references

Author information

Affiliations

Authors

Rights and permissions

Reprints and Permissions

About this article

Cite this article

Zempléni, A. How do societies and “corporate” groups delimit themselves? A puzzle common to social and medical anthropology. Cult Med Psych 14, 201–211 (1990). https://doi.org/10.1007/BF00046661

Download citation

Keywords

  • Basic Principle
  • Social Life
  • Ethnic Identity
  • Distinctive Property
  • Present Theory