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Pelvi-périnéologie

, Volume 1, Issue 2, pp 163–177 | Cite as

Implants synthétiques de renfort vaginal dans la cure de prolapsus: bilan des études en 2006

  • P. DebodinanceEmail author
  • M. Boukerrou
  • M. Cosson
DOSSIER THÉMATIQUE / THEMATIC FILE
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Resumé:

Depuis les années 1996, les tissus prothétiques ont fait leur apparition de façon sérieuse dans la prise en charge chirurgicale des prolapsus génitaux par la voie vaginale. Avec la multiplication des matériaux et des techniques de ces dernières années, il nous a paru nécessaire de faire le point afin que les chirurgiens aient une vision la plus objective possible de l’expérience des pionniers.

Nous avons fait une revue de la littérature référencée sur Medline/PubMed et sur Current Content, évoquant tous les travaux concernant les treillis synthétiques dans la chirurgie du prolapsus par voie vaginale. Nous avons distingué les treillis résorbables et non résorbables puis, dans cette dernière classe, la plus importante, nous avons passé en revue les articles par catégories de textile, non sans les avoir définis: le polypropylène avec ses différentes composition d’usinage, les polyesters, les treillis composites et un chapitre particulier pour les kits prothétiques d’insertion.

Les prothèses résorbables ont fait l’objet de deux essais randomisés qui ne retrouvent pas de meilleurs résultats que la simple plicature dont on connaît le taux de récidive important.

Pour les treillis en polypropylène, le Marlex® a fait l’objet de six études qui montrent un taux élevé de guérison à 1 an, mais également un taux d’érosion atteignant 25 %. L’utilisation de l’Atrium® est mentionnée dans trois études avec un taux de récidive de 6 à 12 % et le taux d’érosion flirtant avec les 20 %. Le Prolène® et le Gynemesh® ont fait l’objet de la majorité des études. Dix sept auteurs rapportent leur expérience dans des études la plupart du temps rétrospectives avec des taux de récidives de moins de 10 % et un recul dépassant rarement les 2 ans. Les treillis ont des tailles et des formes parfois fantaisistes, ce qui rend difficile toute comparaison. Le taux d’érosion est également variable, pouvant atteindre 45 %, ce qui montre également qu’il sera nécessaire d’instaurer une sémantique précise dans ce qui est appelé érosion. Ce n’est que depuis ces dernières années que les auteurs s’intéressent au retentissement des renforts prothétiques sur la qualité de vie et la vie sexuelle. On note généralement une amélioration de la fonction défécatoire, mais le taux de dyspareunies atteindrait jusque 60 %. Là encore, une graduation des phénomènes de rétraction prothétique devra être précisée. Dans le but d’une amélioration de ces phénomènes, le Prolène® soft utilisé récemment par quelques auteurs ne semble pas à la hauteur des espérances. Depuis les années 2005, sont apparus des treillis de polypropylène prédécoupés avec kit d’insertion. Seul actuellement le kit Prolift® fait l’objet d’un suivi prospectif de 180 cas avec évaluation régulière dans le temps. Le Surgipro® a été utilisé de fac¸on sporadique sur des petites séries, sans recul permettant de juger de son intérêt. Les polyesters (Mersilène® et pariétex®) sont présentés par 3 auteurs qui les jugent intéressants,mais leurs papiers restent vagues sur les résultats et les complications. Le polytétrafluoroethylè ne n’est retrouvé dans aucune étude par voie vaginale, probablement à cause de lamauvaise tolérance des bandelettes sous-urétrales par la meˆme voie. Pour les treillis composites, le Vypro® a été utilisé par quatre auteurs qui ont noté environ 10 % d’érosion, mais le suivi est trop court pour en tirer des conclusions quant aux résultats anatomiques et fonctionnels. Des treillis enduits de stimulants à la cicatrisation, préconisés dans la cure de prolapsus par voie vaginale, seules deux études sont publiées. Il s’agit d’un polypropylène enduit de collagène, le Pelvitex® et d’un composite polyester polyglactine 910. Le taux de dyspareunie varie de 14 à 24 %. Quant aux autres composites antiadhérents chimiques ou antiseptiques, pourtant proposés pour la voie basse, ils n’ont fait l’objet d’aucune étude.

Il ressort de ce travail un manque d’études sérieuses à la fois prospectives et randomisées, qu’il est difficile de dégager l’intérêt des treillis synthétiques tant les techniques manquent de standardisation. Cette chirurgie assistée de ces matériaux n’est actuellement pas validée. Si des preuves commencent à se faire jour sur la diminution des récidives pour les prolapsus du compartiment antérieur, le taux de complications et le manque de renseignements sur la qualité de vie des patientes sont encore inacceptables pour une chirurgie fonctionnelle. Les auteurs sont encore réservés sur l’utilisation à tout vent des prothèses synthétiques.

Mots clés:

Implants de renfort vaginaux Prothèse synthétique Chirurgie du prolapsus génital Cystocèle Rectocèle Complications 

Synthetic meshes in transvaginal genital prolapses surgery: evaluation in 2006

Abstract:

Since 1996, the usage of surgical mesh fabrics developed for the surgical management of genital prolapse with the vaginal approach. As these materials and techniques have spread during the last few years, it seems necessary to us to take stock so that surgeons have the most objective possible perception of what the first users experienced.

We have made a review of the literature found on Medline/PubMed and on Current Content of all works concerning synthetic meshes in the prolapse surgery with vaginal approach. We have distinguished resorbable and non-resorbable meshes, and then in this last and most important category, we have reviewed the articles by types of fabric after having given their description: Polypropylene with its different manufactured compositions, Polyester, compositemeshes and an individual chapter concerning the kits for the insertion of an implant.

Resorbable meshes have made the object of 2 randomized trials that do not lead to a better result than the simple plicature whose recurrence rate is known to be important.

Regarding meshes in polypropylene, the Marlex® has made the object of 6 studies that show a high cure rate at 1 year but equally a rate of erosion reaching 25%. The utilization of the Atrium® is mentioned in 3 studies with a rate of recurrence of 6 to 12% and the rate of erosion close to 20%. The Prolene® and the Gynemesh® have made the object of the majority of studies. Seventeen authors give an account of their experience in mostly retrospective studies, with a rate of recurrence of less than 10% and a follow-up exceeding rarely 2 years. Meshes may be of irregular shape or size which makes any comparison difficult. The rate of erosion is equally variable, sometimes reaching 45% which shows as well that it will be necessary to institute a precise semantics for what we call erosion. Only since in the last few years did the authors begin to show some interest for the influence of prosthetic reinforcements on the quality of life and the sexual life. One notes generally an improvement of the defecation but the rate of dyspareunia would reach up to 60%. Once again, a graduation of shrinkage phenomena will have to be specified. In order to improve these phenomena, the Prolène® soft used recently by some authors does not seem to respond fully to the expectations. Since 2005, cutout polypropylene meshes have appeared with kits of insertion. Currently, only the Prolift® kit makes the object of a prospective study of 180 cases with regular re-evaluation. Surgipro® has been used sporadically on small series, without a follow-up allowing to determine whether it is of some interest. Polyesters (Mersilène® and pariétex®) are presented by 3 authors who regard them as interesting, but their papers remain vague on results and complications. The polytetrafluoroethylene is not to be found in any study about the vaginal approach, probably because of the bad tolerance to the urethral slings. About composite meshes, Vypro® has been used by four authors that have noted approximately 10% of erosion, but the study is too short to give some conclusions as for the functional and anatomical result. As for meshes coated with stimulant to the healing, recommended in the cure of prolapses with the vaginal approach, only two studies have been published. The polypropylene is coated with collagen, the Pelvitex® and a composite polyester polyglactine 910. The rate of dyspareunia varies from 14 to 24%. As for the other composites, non-adhering chemical or antispectic, although recommended for the vaginal approach, they have not made the object of any study.

The conclusion of this work is that we lack both prospective and randomized thorough studies, and that it is difficult to determine whether the synthetic meshes are of any interest as long as the techniques lack standardization. The surgery making use of these materials has not been validated yet. Even if evidences begin to show on the diminution of recurrences for the anterior compartment prolapse, the rate of complications and the lack of information on the quality of life of the patients are still unacceptable for a functional surgery. Authors are still cautious about the indiscriminate utilization of synthetic meshes.

Keywords:

Vaginal reinforcement implants Synthetic mesh Genital prolapse surgery Cystocele Rectocele Complications 

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Copyright information

© Springer-Verlag Paris 2006

Authors and Affiliations

  1. 1.Service de Gynécologie ObstétriqueCH DunkerqueSaint-Pol-Sur-MerFrance
  2. 2.Clinique de GynécologieHôpital Jeanne-de-Flandres, CHRU LilleLilleFrance

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