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Sanction de la croyance dans le procès de sorcellerie

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Conclusion

De cette brève étude, trois problèmes d'ordre méthodologique et theorique se dégagent.

Tout d'abord, la question de l'inhérence de la sanction au processus syntagmatique de la croyance. Le “croire”, pourrait-on dire, est un effet de sens éminemment volatile et qui demande à être “fixé”. En tant que configuration modale, il présuppose donc le croisement des parcours cognitifs sous-jacents de deux sujets, dont l'un reconnaît (sanctionne) l'autre, et inversement, dans l'alternance réversible de la position destinatrice. Il y a alors surmodalisation épistémique (en termes de certitude) d'un jugement aléthique implicite (de contingence): le Destinateur exige du sujet que celui-ci lui donne forme; c'est à ce stade qu'interviennent les relations entre les modalités du devoir et du pouvoir d'un côté, et celle du croire, de l'autre.

La question, ensuite, de l'énonciation, car la croyance est un effet de discours et le procés de sorcellerie est un dialogue construit; le système actantiel qu'ils recouvrent ensemble s'inscrit nécessairement dans un discours à “deux voix”: l'autre (ici actualisé, mais qui peut être simplement virtuel dans d'autres configurations) est co-présent dans l'énoncé du sujet du croire en tant qu'instance énonciative. Et le discours dialogique où se forme la mouvance du croire est tout entier orienté vers l'établissement d'un monologue collectif: la conjonction des “je” dans le “nous”.

Il nous semble, enfin, que la tripartition de la figure de la sanction — transitive, réflexive, translative —, qu'on vient de dégager à partir de sa manifestation occurrentielle dans le discours du procès de sorcellerie, peut être considérée comme un modèle méthodologique plus large, et étendue à l'ensemble des procés où la question porte essentiellement, à travers le rôle thématique ambigu de l'accusé, sur la validité d'un univers doxologique: le discours de l'“auto-critique” ne vise-t-il pas, avant tout, la sauvegarde et la confirmation d'un Destinateur menacé?

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Bertrand, D. Sanction de la croyance dans le procès de sorcellerie. Int J Semiot Law 3, 201–207 (1990). https://doi.org/10.1007/BF01130225

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