Réanimation

, Volume 23, Supplement 2, pp 372–378

Delirium en réanimation chez l’adulte: le choix des molécules a-t-il un rôle ?

Symposium

DOI: 10.1007/s13546-014-0840-2

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Mantz, J., Dilly, M.P. & Sigaut, S. Réanimation (2014) 23(Suppl 2): 372. doi:10.1007/s13546-014-0840-2
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Résumé

Les bonnes pratiques de la sédation et de l’analgésie chez les patients de réanimation ont évolué de la sédation profonde, souvent excessive, vers un niveau cible allégé, le contrôle de la douleur et du delirium. Les agents de sédation modulent profondément les circuits neuronaux du système nerveux central pour produire leurs effets. La conséquence en est l’induction de delirium et des risques à long terme incluant l’augmentation de la mortalité et la survenue de séquelles cognitives à distance du séjour en réanimation. Les agents de sédation classiques (propofol, benzodiazépines) et les morphiniques sont des causes de delirium. Récemment, la dexmédétomidine, un agoniste sélectif des récepteurs alpha2-adrénergiques d’action rapide et courte a été mis sur le marché européen de la sédation en réanimation. Les propriétés neuropharmacologiques de cet agent sont uniques et favorables au concept de sédation coopérative. Il préserve la possibilité de tester instantanément le réveil et préserve la structure du sommeil lent. Cet agent réduit la durée du delirium et la durée de la ventilation mécanique par rapport aux comparateurs benzodiazépiniques. Ses mécanismes d’action lui procurent un effet préservateur du sommeil lent, ce qui pourrait participer à la réduction de la prévalence du delirium en réanimation. Les risques et bénéfices de la poursuite ou non d’une sédation pharmacologique en réanimation doivent être évalués de façon quotidienne au lit du patient.

Mots clés

Sédation Delirium Dexmédétomidine Benzodiazépine Propofol Opioïde 

Delirium in the adult intensive care unit: does the chosen drug play a significant role?

Abstract

Characteristics of sedation and analgesia have moved from deep toward lightened and cooperative sedation and analgesia with control of delirium. Although sedative drugs potently modulate neurotransmission in the central nervous system (CNS) to provide their sedative effects, a body of recent work suggests that some of these properties may contribute to delirium and in turn to the long-term impairment of cognitive recovery after intensive care unit (ICU) stay. Delirium has been shown to predict both long-term mortality and severe cognitive sequelae after ICU stay. Classical sedatives (propofol, benzodiazepines) and analgesics are causative factors for delirium. Recently, dexmedetomidine, a potent, and short acting agonist of the alpha2-adrenergic receptors, has been developed as a primary sedative for ICU mechanically ventilated patients. This agent exerts its effects via a unique mechanism (agonist of the alpha2-adrenoceptors) which confers some favorable properties with respect to the goals to be achieved in a sedated, mechanically ventilated patient (cooperative sedation). This agent has been shown to reduce the prevalence of delirium and days with coma in comparison with a benzodiazepine-based sedation regimen. Its sedation profile preserves arousability and its mechanism of action preserves non rapid eye movement sleep, which may contribute to its delirium-sparing effects as well. The need for CNS acting drugs, such as sedatives and analgesics, has to be carefully evaluated on a daily basis at the bedside to limit the potential detrimental effects associated with oversedation in critically ills.

Keywords

Sedation Delirium Dexmedetomidine Benzodiazepine Propofol Opioid 

Copyright information

© Société de réanimation de langue française (SRLF) and Springer-Verlag France 2014

Authors and Affiliations

  1. 1.Département d’anesthésie-réanimation Bichat-Beaujon-Louis Mourier, hôpitaux universitaires Paris Val de SeineUniversité Paris DiderotClichyFrance