, Volume 22, Issue 4, pp 399-406
Date: 21 Jun 2013

Surveillance et évaluation de l’efficacité de la nutrition artificielle en réanimation

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Résumé

En réanimation, la nutrition artificielle fait partie de la prise en charge du patient. Comme pour la ventilation et l’assistance circulatoire, la surveillance nutritionnelle et métabolique est indispensable afin d’améliorer la tolérance et l’efficacité du support nutritionnel. La nutrition entérale (NE) est fréquemment associée à un déficit protéino-énergétique, lui-même responsable d’un plus mauvais pronostic. La détection précoce de ce déficit doit permettre une augmentation des apports protéino-énergétiques, incluant l’éventuelle combinaison NE-nutrition parentérale (NP). Les complications métaboliques de la NP liées à la surnutrition doivent être recherchées. La surveillance glycémique est recommandée dans un but de contrôle glycémique associé à une réduction de la mortalité. En réanimation, les apports en macro- et micronutriments, la dépense énergétique et l’adéquation entre la cible et les apports protéino-énergétiques doivent être étroitement surveillés. Cette surveillance, idéalement à l’aide d’un système informatique, doit être intégrée dans la prise en charge. Une diététicienne dédiée à la réanimation aide à diminuer le déficit énergétique. Poids, taille, albuminémie et transthyrétinémie étant pris en défaut, l’évaluation de la composition corporelle pourrait permettre une évaluation plus précise de l’efficacité de la nutrition artificielle au cours du séjour en réanimation. En limitant le déficit protéino-énergétique et la surnutrition et en optimisant le contrôle glycémique, la surveillance nutritionnelle et métabolique permettrait d’améliorer l’évolution clinique des patients. Les futures études devront déterminer l’impact médico-économique de la surveillance nutritionnelle et métabolique.

Abstract

In the intensive care unit (ICU), nutrition support is a part of patients’ management. As for ventilation and hemodynamics, nutrition and metabolism monitoring is mandatory for improving tolerance and efficacy of nutrition support. Enteral nutrition (EN) is commonly associated with protein-energy deficiency, which is related to poor prognosis. Early detection of deficiency should lead to increase protein and energy delivery, including EN-parenteral nutrition (PN) combination. Overfeeding-related metabolic complications of PN should be screened. Glycaemic monitoring is requested since glycaemic control may result in decreased mortality. In the ICU, macro- and micronutriment intakes, energy expenditure, and matching between protein-energy target and delivery, should be tightly monitored. This monitoring should be computer-based and integrated in patients’ management. An ICU dedicated dietitian may allow to decrease energy deficiency. Since weight, height, serum albumin, and transthyretin could be unsufficient for any definitive diagnosis, assessment of body composition may be useful to allow an accurate assessment of nutrition support efficacy during ICU stay. By limiting protein-energy deficiency and overfeeding and by optimizing glycaemic control, nutrition and metabolism monitoring should improve clinical outcome. Future studies will be helpful to determine the medico-economic impact of nutrition and metabolism monitoring.