, Volume 22, Issue 3, pp 297-305
Date: 02 Mar 2013

Faut-il décoloniser les patients porteurs de staphylocoques dorés résistants à la méticilline en réanimation ?

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Résumé

Dans de nombreux pays d’Europe et aux États-Unis, 5 à 15 % des patients sont porteurs de Staphylococcus aureus résistant à la méticilline (SARM) à l’admission en réanimation, bien qu’un déclin dans les taux d’isolement hospitaliers ait été observé dans certains pays depuis dix ans. La colonisation à SARM comporte un risque majeur d’infection acquise ultérieure. La décolonisation pour éradiquer le portage a été proposée de longue date dans la prévention des infections à SARM liées aux soins. Parmi les médicaments utilisés, un antibiotique topique, la mupirocine, a été largement étudié et permet la décolonisation nasale. Son efficacité sur le SARM est limitée du fait de la persistance du portage sur d’autres sites. Certains antibiotiques systémiques ont été proposés (rifampicine, doxycycline) pour éradiquer le portage. La toilette cutanée à la chlorhexidine gluconate à 4 % est également largement utilisée, notamment en association avec la mupirocine nasale. L’intérêt de la décolonisation reste très controversé. Elle fait partie intégrante des mesures de prévention recommandées dans quelques pays européens. D’autres experts préconisent seulement le dépistage des porteurs, le renforcement des mesures d’hygiène standard et les mesures d’isolement des patients colonisés ou infectés. La disparition de certains clones endémiques a contribué à modifier l’épidémiologie, indépendamment des mesures de prévention prises. Enfin, les rôles respectifs de la contamination de l’environnement et du portage chez le personnel soignant ont été fréquemment sous-estimés. De plus, l’apparition de souches de SARM résistantes a été associée à l’utilisation courante de la mupirocine. Il n’existe pas de recommandations universelles mais plutôt des protocoles institutionnels variables selon l’épidémiologie locale.

Abstract

In many European countries and in the USA, 5–15% of patients are methicillin-resistant Staphylococcus aureus (MRSA) carriers on admission in the intensive care unit (ICU), although significant decline in hospital isolation rates has been observed in some countries in the last decade. MRSA colonisation portends a major risk of subsequent acquired infection. Decolonisation in order to eradicate MRSA carriage has been proposed for a long time for preventing MRSA healthcare-associated infections. Among the variety of drugs used, mupirocin, a topical antibiotic, has been extensively studied and permits nasal decolonisation. The efficacy on MRSA decolonisation is limited by the persistence of carriage at other sites. Systemic antimicrobials have been proposed (rifampin, doxycycline) for the eradication of carriage. Chlorhexidine gluconate 4% body wash has been widely used, especially combined with nasal mupirocin. Usefulness of decolonisation remains controversial. It has been implemented in the guidelines for the prevention of MRSA infections in a few European countries. Other experts only advocate active screening, reinforcement of standard hygiene measures, and isolation precautions in MRSA colonised or infected patients. The disappearance of some endemic clones has contributed to epidemiological changes, irrespective of implemented prevention measures. Lastly, the respective roles of the environmental contamination and of MRSA carriage in healthcare workers have frequently been underestimated. Moreover, the occurrence of resistant strains has been associated with current mupirocin use. There are no universal recommendations but rather institutional protocols that vary according to local epidemiology.