, Volume 104, Issue 2, pp 148-152
Date: 20 Dec 2010

Surveillance épidémiologique de la leptospirose à la Réunion, 2004–2008: possible impact de l’épidémie de chikungunya sur la létalité de la leptospirose

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Résumé

En 2006, une surmortalité liée à la leptospirose à la Réunion avait alerté les pouvoirs publics alors que les dernières données épidémiologiques publiées sur la maladie dans l’île remontaient à 2003. Réalisée dans ce contexte, cette étude avait pour objectif d’actualiser les connaissances sur l’épidémiologie de la leptospirose à la Réunion. Elle a été conduite selon le schéma d’une enquête descriptive rétrospective portant sur les données du dispositif de signalement et d’investigation des cas de leptospirose hospitalisés à la Réunion entre le 1er janvier 2004 et le 31 décembre 2008. Les données du Centre national de référence (CNR) ont également été exploitées. Le nombre annuel de cas signalés (40 à 50) était stable sur la période, et les circonstances d’exposition restaient celles habituellement associées à la maladie dans l’île: près de 80 % des malades s’étaient infectés pendant la saison humide; le principal facteur d’exposition retrouvé était l’exercice d’une profession agricole. Bien qu’en régression, Leptospira icterohaemorrhagiae restait le principal sérovar isolé. Enfin, notre étude a montré que la surmortalité observée en 2006 résultait d’une augmentation de la létalité et non de l’incidence. Cette situation pourrait être liée à l’épidémie de chikungunya de 2006. En zone d’endémie pour la leptospirose, il apparaît donc nécessaire de prendre en considération le risque de cas mortels de la maladie lors de la survenue d’épidémie d’arbovirose.

Abstract

In 2006, increased mortality due to leptospirosis in Reunion Island had alerted the authorities and justified the conduct of this study in order to update knowledge on the epidemiology of leptospirosis, whereas the latest epidemiological data published on the disease dated back to 2003. This study followed the scheme of a descriptive retrospective survey based on data from reporting and investigation of hospitalized cases of leptospirosis that occurred in Reunion between the 1st January 2004 and 31st December 2008. Data from the National Reference Center (NRC) have also been used. The annual number of reported cases (40 to 50) was stable over the period, which contrasted with the historical decreasing trend of incidence reported by the NRC. The circumstances of exposure were those usually associated with the disease on the island: about 80% of cases were infected between January and June, during the wet season; the main exposure factor identified was the practice of agriculture, declared or not; Leptospira icterohaemorrhagiae remained the most frequently isolated serovar, although regressing. Finally, our study has shown that excess mortality observed in 2006 did not result from an increased incidence but from a rise in the case fatality rate. This could be linked to the outbreak of chikungunya, which peaked in February 2006. In endemic areas of leptospirosis, health professionals should remain aware of the risk of occurrence of fatal cases during arbovirosis outbreaks.