, Volume 4, Issue 1, pp 34-38

Soins palliatifs et extrême prematurité

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Résumé

La conception et l’élaboration de soins palliatifs destinés au nouveau-né extrême prématuré sont très récentes. Ces soins ont pour but d’assurer le confort et de prévenir la souffrance du nouveau-né, considéré comme une personne à part entière. C’est une pratique conforme à la loi, contrairement aux injections à visée létale. Elle peut concerner les naissances vivantes avant 24 semaines d’aménorrhée (SA), mais aussi certaines naissances à 24 et 25 SA, période appelée « zone grise », d’incertitude pronostique maximale. Cette prise en charge apparaît comme une réelle alternative au principe de « réanimation d’attente », autrefois largement utilisé mais qui se révèle non pertinent dans certains cas.

La décision de réaliser des soins palliatifs peut être prise en anténatal. Elle repose sur une discussion obstétricopédiatrique, appuyée sur les données obstétricales et sur une concertation étroite avec les parents. Le temps de vie de l’enfant est l’occasion, pour les couples qui le souhaitent, de rencontrer leur bébé et de l’accompagner jusqu’à son décès, inéluctable du fait de la très grande prématurité.

Ces nouvelles pratiques ne sont pas sans poser certaines difficultés. Il existe un certain malaise de la part des équipes soignantes à attendre, sans intervenir, la survenue du décès. Pour les parents, la vision d’un très petit bébé mourant peut également être très impressionnante. Malgré cela, ce projet de soins fait à présent partie des compétences que doivent acquérir les professionnels de la médecine périnatale, au même titre que les soins de réanimation.

Abstract

The design and development of palliative care for the extremely premature newborn are recent. Palliative care aims to ensure comfort and absence of pain for the newborn, considered as a whole person. This practice complies with the law, in contrast with lethal injections. Palliative care can be an option in case of live births occurring before 24 weeks of postmenstrual age, but also, in some cases, for births occurring at 24 or 25 weeks. Indeed, this period may be considered as a “gray zone”, of maximum prognosis uncertainty. Palliative care may be preferred to “resuscitation pending”, which has been widely used but which turns out to be irrelevant in some cases.

The decision to perform palliative care can be taken before birth, based on discussion of the case by obstetricians and neonatologists, and thorough information and discussion with the parents. The newborn infant life duration enables the couples to see their baby and to accompany him to his death, which is inevitable, due to extreme prematurity.

This relatively new management may lead to difficulties. The healthcare team may feel uneasy to wait, without active intervention, the occurrence of death. Parents may be distressed by the view of their dying tiny baby. Despite these difficulties, ethical and legal arguments lead to consider that palliative care should be available in case of extremely premature delivery, and therefore should be teached to professionals working in the field of perinatal medicine.