, Volume 37, Issue 1, pp 287-304
Date: 25 Mar 2010

Le malentendu—Kundera et ses paratextes

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Résumé

Milan Kundera a fait son entrée sur la scène littéraire européenne en chevauchant l’âne du malentendu. Le malentendu n’est pas seulement un thème fondamental dans son œuvre, il plane également sur la réceptions de son œuvre à la fois en République Tchèque et à l’étranger. La publication en France et en Grande Bretagne de son premier roman, La plaisanterie (1967), coïncida avec l’invasion russe de la Tchécoslovaquie. Les circonstances politiques, la préface rédigée par Aragon pour l’édition française et les choix éditoriaux fait par l’éditeur britannique déterminèrent la réception de Kundera, en soulignant la nature politique du roman, en renforçant le stéréotype d’un « auteur de l’Europe de l’est ». Depuis Kundera n’a cessé d’essayer de corriger cette image erronée, notamment dans ses paratextes. Paradoxalement les tentatives de s’expliquer ont eu pour effet de renforcer les préjugés : de nombreux critiques considèrent que les interventions de Kundera constituent une violation de leurs droits de critique et q u’elles imposent une seule lecture correcte, à savoir celle homologuée par l’auteur. En analysant les relations complexes entre La plaisanterie, ses paratextes et sa réception, je montre que tel n’est pas le cas et que le malentendu qui entoure l’œuvre est un résultat quasi inévitable du fonctionnement du champ littéraire en Occident.

Abstract

Kundera rode into Western European literature on the donkey of misunderstanding. This misunderstanding has affected the reception of his work both abroad and in the Czech Republic. He was published in France and Great Britain short after the Russian invasion of Czechoslovakia in 1968, and both political circumstances, the foreword by Aragon in the French edition and the editorial choices by his British publisher underlined the political nature of the work, reinforcing the stereotype of an ‘Eastern European’ author. Kundera has since tried to correct this false impression: most notably in his fore- and afterwords and in his essays, but this only seems to make matters worse: Many critics see Kundera’s interventions as heavy-handed ways of posing a correct way to read the novels. By analyzing the intricate relation between novel, paratexte and reception, exemplified by Kundera’s first novel, The Joke, I argue that this is not the case.