, Volume 37, Issue 1, pp 247-261
Date: 07 Apr 2010

Réinscriptions du sujet écrivant : le paratexte aux mémoires de Simone de Beauvoir

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Résumé

Dans cet article, nous examinerons les prologues, les interludes et l’épilogue qui encadrent La Force de l’âge (1960), La Force des choses I and II (1963) et Tout compte fait (1972). À première vue, Beauvoir semble suivre les conventions propres au genre préfaciel. Pourtant, comme nous le verrons, le paratexte de Beauvoir n’a pas comme fonction unique l’explication du texte ou la justification de la vie intime de l’auteure. Il devient plutôt un lieu privilégié de communication avec le public, permettant à Beauvoir de construire et de présenter le soi écrivant d’une façon distincte de celle du corps de l’autobiographie. Selon la philosophie beauvoirienne, ce sont les rapports entre le sujet et l’Autre qui permettent à une conscience de dépasser son acte de transcendance même pour que cette action ne retombe pas dans l’immanence. Comme nous le verrons, c’est le paratexte qui donne à Beauvoir l’occasion d’engendrer de nouveaux rapports avec le lecteur, voire de poursuivre la construction de sa subjectivité en créant un rapport privilégié avec l’Autre extratextuel au présent de l’énonciation préfacielle.

Abstract

This paper seeks to understand the roles of the prologues, the interludes and the epilogue that frame La Force de l’âge (1960), La Force des choses I and II (1963) and Tout compte fait (1972). A first reading of these paratexts would indicate that Beauvoir is simply following the conventions of the genre. However, a close analysis of Beauvoir’s conception of the importance of the reader to the construction of the autobiographical subject elucidates a more complex role played by the paratext to her memoirs. According to Beauvoir’s philosophy, it is the antagonistic, although reciprocal, relationship between a consciousness and the Other that enables a subject to transcend its immanence. But since autobiography is a fundamentally retrospective act, the reader can only glimpse previous, outdated incarnations of the autobiographical subject, which negates the concept of future projects so valued in existentialist thought. As I will show, it is by engaging with her reader in the present of her prologues, interludes and epilogue that Beauvoir seeks to escape the trap of retrospective narration and continue to exist in the present consciousness of her public’s gaze.