, Volume 21, Issue 3, pp 267-274

Phantom limbs and the body schema

Résumé

En 1911, Head et Holmes suggéraient l’existence, au niveau de la préconscience, d’une image corporelle ou “schéma” jouant le rôle d’un modèle postural avec lequel tous les changements d’attitude étaient mesurés avant de pénétrer jusqu’à la conscience. Leurs observations étaient basées sur les perturbations subjectives de la sensation et sur les phénomènes fantômes survenant chez le amputés et chez les malades atteints de lésions du système nerveux central. Ils exprimaient l’avis que cette image ou représentation corporelle était façonnée par 1’expérience kinesthésique de l’individu lui-même, ce schéma corporel s’apparentant à la moyenne arithmétique de tous les mouvements et de toutes les attitudes corporelles au cours de la vie. La position hautement stéréotypée des membres fantômes aigus nous a incités à mettre en doute l’origine purement individuelle de ce schéma corporel.

Des phénomènes fantômes de type aigu furent observés, en cours d’interruption des voies afférentes, chez 169 sujets soumis au blocage anesthésique d’un membre supérieur ou inférieur. Pour l’extrémité supérieure, dans 86 pour cent de blocages pleinement réussis du plexus brachial, des membres fantômes se manifestèrent lorsque les sujets fermaient les yeux. Quant à l’extrémité inférieure, des membres fantômes apparurent dans 55 pour cent des blocages sous-arachnoidiens, mais seulement dans 10 pour cent des blocages épiduraux.

Les positions des membres fantômes dans l’espace furent inscrites selon des coordonnées à trois dimensions basées sur l’amplitude articulaire. Les membres fantômes avaient tendance à adopter une attitude de flexion partielle, cette attitude découlant du fait que chaque articulation fantôme se rapprochait d’une position intermédiaire ou indifférente. Aucun membre fantôme n’adopta des extrêmes de position. Contrairement aux rapports faits anterieurement par d’autres auteurs, les membres fantômes n’adoptèrent pas la position qu’affectait l’extrémité immédiatement avant l’mterruption des voies afférentes: en d’autres termes, les phénomènes fantômes n’étaient pas en relation avec une mémoire kinesthésique récente. Ils avaient tendance à être supprimés par des influences visuelles, le membre fantôme se confondant avec le membre véritable lorsque le sujet ouvrait les yeux et regardait son membre anesthésié.

Il est à signaler que la “position de repos” adoptée par les membres fantômes est aussi la position la plus efficace pour assurer rapidement les ajustements posturaux nécessaires à la défense ou à l’attaque. Il vient à l’esprit que le modèle stéréotypé du schéma corporel représente peut-être un legs kinesthésique héréditaire visant à la survivance dans un environnement de violence.

This study was presented at the Canadian Anaesthetists’ Society Annual Meeting, June, 1973, in Vancouver, and was supported by M.R.C. Grant No. M.A. 1008.