, Volume 2, Issue 2-3, pp 128-165

Das Molinietum coeruleae (Pfeifengraswiese) im Wiener Becken

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Resumé

Le Molinietum coeruleae du bassin de Vienne.

Dans la plaine du bassin viennois s'étend une large zone marécageuse—la “plaine humide” (fig. 1) — où l'eau phréatique se maintient à un niveau élevé le sous-sol étant constitué d'argiles imperméables (“Tegel”). Grâce a ce fait sous le climat pannonique sec (précipitations annuelles env. 550 mm.) une végétation meso-hygrophile c'est installée.

La composition floristique de ces “Moliniaies” ressort de 46 relevés réunis en tableau. On est tout d'abord frappé par le grand nombre de caractéristiques de l'association, parmi lesquelles se trouvent plusieurs espèces rares.

Le Molinietum comprend plusieurs sous-associations:

  1. La sous-association à Schoenus nigricans caractérisée par plusieurs espèces de l'alliance du Caricion Davallianae (en particulier du Schoenetum nigricantis). Elle provient souvent du drainage de bas marais et contient une série d'espèces indicatrices d'un sol assez sec, non amendé, parmi lesquelles Bromus erectus prédomine. Les relevés 16 et 17 représentent une variante spéciale à Adenophora liliifolia formant la transition vers les prairies sèches.

  2. Dans la sous-association à Arrhenatherum elatius dominent les caractéristiques de la classe des Arrhenatheretea. Ce groupement semble former la transition vers l'Arrhenatherion.

  3. La sous-association à Ranunculus repens enfin est cantonnée dans les dépressions humides sur un sol riche où l'eau phréatique circule. Les espèces des prairies plus ou moins sèches et celles des terres non fumées manquent.

Un diagramme de constance (fig. 2) montre les rapports numériques entre ces 3 sous-associations. Leurs différences floristiques ressortent surtout lorsqu'on tient compte du degré de recouvrement des différentes espèces (Deckungswert) (fig. 3).

Dans la sous-association à Schoenus les caractéristiques de l'association tiennent la première place, suivies par les caractéristiques de l'ordre; c'est la développement optimal de l'association.

La sous-association à Arrhenatherum est dominée par les caractéristiques de la classe (transition vers l'Arrhenatheretum).

Dans la sous-association à Ranunculus repens le nombre des caractéristiques de l'association diminue encore tandis que les caractéristiques de l'ordre et de la classe augmentent. II s'agit d'individus de l'association moins typiques des sols très humides.

Le spectre des formes biologiques (fig. 4) se compose presque uniquement d'Hemicryptophytes, surtout d'Hemicryptophytes cespiteux et (la sous-association à Schoenus excepté) d'Hemicryptophytes gazonnants.

La fig. 5 montre l'amplitude de variation et les tendances evolutives des 3 sous-associations. De ce graphique résulte en outre la position de chaque relevé dans les sous-associations respectives. La sous-association à Schoenus nigricans est placée entre les marais du Schoenetum nigricantis et les prairies sèches des Festucetalia valesiacae, dans certaines conditions elle peut également évoluer vers la sous-association à Arrhenatherum. La sous-association à Ranunculus forme la transition vers les pelouses mouillées du Deschampsietum caespitosae et du Juncetum subnodulosi. La sous-association à Arrhenatherum montre des affinités avec les prairies sèches et surtout avec les prairies grasses de l'Arrhenatheretum.

Le deuxième chapitre traite des relations avec les associations proches. La transition du Schoenetum au Molinietum est discutée d'après le tableau no 2. Deux relevés (p. 147–149) servent d'exemples de prairies sèches ayant des rapports avec les sous-associations à Schoenus et à Arrhenatherum. La transformation du Molinietum en Arrhenatheretum ressort du tableau 3, ses affinités avec le Deschempsietum caespitosae du tableau 4. Le faible développement de la dernière association dans la contrée étudiée et la position des alliances du Calthion, Deschampsion et Agrostidion albae dans le bassin de Vienne est discutée. Le Juncetum subnodulosi, rarement bien développé aux environs de Vienne y est presque toujours remplacé par un faciès à Juncus subnodulosus du Molinietum.

Le dernier chapitre comprend un tableau (tabl. 5) indiquant les espèces caractèristiques du Molinietum dans les différentes contrèes de son aire. La Moliniaie est subdivisée en plusieurs races géographiques. L'exclave intéressante du Molinietum mediterraneum et la race atlantique de l'Europe occidentale sont très appauvries. La race médio-européenne — surtout au pied des Alpes-et la race pannonique du bassin de Vienne représentent le développement optimal de l'association. De là l'association s'éparpille vers le nord-est (race baltique), vers l'est (race sarmatique) et vers le sudest (race illyrique). Les groupements à l'intérieur des Alpes sont trés appauvris. Le grand nombre d'espèces caractℰistiques du bassin de Vienne résulte surtout de sa position centrale entre les territoires médioeuropéen-préalpin et pannonique. La subdivision du Molinietum en races géographiques ne nécessite pas l'introduction de la notion de “Hauptassoziation” de KNAPP d'ailleurs beaucoup trop schématique. Une comparaison avec les sous-associations décrites dans d'autres contrées s'impose. Lorsqu'on essaie d'identifier les sous-associations du bassin de Vienne avec celles de l'oeuvre classique de W. Koch, on constate que les sous-associations doivent surtout être basées sur les espèces différentielles territoriales.

Manuskript eingegangen am 24.IV.1949.